Filière poisson : l’ONG JAL et le PROLAC-Niger engagent la structuration des acteurs tchadiens

Elevage d'Afrique Info
5 Min Read
Filière poisson Tchad

L’ONG Jeunesse Action et Leadership (JAL), avec l’appui financier du Projet de Relance et de Développement de la Région du Lac Tchad (PROLAC-Niger), a organisé du 4 au 13 mai 2026 une série de formations dans la région de Diffa afin de renforcer les capacités des acteurs de la filière poisson. Cette initiative, qui se poursuit jusqu’au 16 mai, concerne les communes de Diffa, Kabléwa et N’Guigmi, importantes zones de production halieutique du bassin du Lac Tchad.

Inscrite dans le Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) 2026 du PROLAC-Niger, cette campagne vise à structurer les différents acteurs de la chaîne de valeur du poisson en clusters territoriaux. Pêcheurs, transformatrices, mareyeurs, commerçants et prestataires de services sont encouragés à se regrouper au sein d’organisations locales capables de renforcer la compétitivité et la résilience du secteur halieutique.

La première étape des travaux s’est déroulée du 4 au 8 mai dans la commune urbaine de Diffa sous la présidence du Secrétaire Général Adjoint du Gouvernorat, M. Mamane Gouzae, représentant le Gouverneur de la région, le Général de Division Mahamadou Ibrahim Bagadoma.

A LIRE AUSSI  Kouadio Bernadin, élu à la tête de l’interprofession de la filière Lait

Lors de la cérémonie de clôture, le représentant du Gouverneur a affirmé que cette activité dépasse le cadre d’un simple atelier technique. Selon lui, elle participe à la reconstruction économique et à la stabilisation sociale d’une région confrontée à d’importants défis sécuritaires et économiques.

Il a rappelé que la région de Diffa constitue le principal bassin halieutique du Niger grâce au Lac Tchad, à la rivière Komadougou Yobé et aux nombreuses zones humides de la région. En 2024, Diffa a produit plus de 20.500 tonnes de poissons fumés, soit plus de 70 % de la production nationale, générant plus de 32 milliards de francs CFA.

L’ONG JAL et le PROLAC-Niger engagent la structuration des acteurs tchadiens

Malgré ce potentiel, plusieurs contraintes persistent, notamment les pertes post-capture estimées entre 20 et 40 %, la faible structuration des acteurs, le manque d’infrastructures modernes de conservation et de transformation ainsi que les difficultés d’accès aux financements.

A LIRE AUSSI  Sidi Touré échange avec le Directeur régional de l’OIT

Pour les autorités régionales, l’approche par clusters territoriaux représente une solution innovante pour mutualiser les ressources, renforcer les synergies entre les différents maillons de la chaîne de valeur et améliorer la compétitivité de la filière.

Il a également souligné que cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre du Programme de Refondation de la République (PRR 2025-2029) porté par le Président nigérien Abdourahamane Tiani, notamment en matière de souveraineté économique et de stabilisation des territoires fragiles.

Le Coordonnateur national du PROLAC-Niger, M. Abdou Amadou, a expliqué que ces formations traduisent la volonté du projet de soutenir durablement les moyens de subsistance des populations du bassin du Lac Tchad. Les participants ont notamment été formés aux techniques améliorées de transformation et de conservation du poisson, ainsi qu’à la gestion organisationnelle et à la gouvernance des organisations professionnelles.

A LIRE AUSSI  Au Bénin, la méconnaissance des règles compromet la croissance de l'aquaculture

Le PROLAC-Niger prévoit également, dans le cadre de son PTBA 2026 doté de plus de 16 milliards de francs CFA, plusieurs investissements structurants. Ceux-ci concernent la construction et la réhabilitation de marchés de demi-gros, le développement d’infrastructures de stockage et de commercialisation ainsi que l’aménagement de routes rurales stratégiques, dont la future « route du poisson ».

Pour le président de JAL, M. Tcherno Ali Diallo, cette initiative marque une étape importante pour la transformation économique de Diffa. Selon lui, la structuration des acteurs en clusters territoriaux permettra de réduire les pertes, d’améliorer les capacités de transformation et de faciliter l’accès aux marchés, afin de faire de la filière poisson un véritable levier de création d’emplois et de résilience économique dans le bassin du Lac Tchad.

Sandrine KOUADJO et autre média

Share This Article
Leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *