Elevage / Du Sénégal au Botswana, le Brésil devient un partenaire clé de l’amélioration génétique bovine en Afrique

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amélioration génétique bovine en Afrique

En Afrique, l’élevage est en pleine transformation, stimulé par la nécessité de réduire les importations de viande et de lait. Les États misent sur l’industrialisation, le partenariat international et la modernisation des filières pour améliorer la productivité de leur cheptel.

Le Botswana réceptionnait mi-juillet un premier lot de 200 vaches gestantes de race Girolando, réputée pour sa forte production de lait, en provenance du Brésil. Cette livraison a marqué le lancement d’un programme d’importation de 1 000 têtes de bovins à travers la Société de développement du Botswana (BDC), destinées à renforcer la productivité du cheptel national grâce à l’introduction de races à haut potentiel génétique.

L’initiative botswanaise ne constitue pas un cas isolé. Elle illustre une tendance plus large en Afrique, où plusieurs pays se tournent déjà vers l’expertise brésilienne pour améliorer la productivité de leurs cheptels. À titre d’exemple, le gouvernement guinéen a annoncé en février dernier avoir conclu un accord avec la société brésilienne Rio Verde Group pour introduire plus de 2 000 bovins de races brésiliennes sur son territoire, afin de renforcer la productivité et la production de viande et de lait. Le partenariat prévoit également un transfert de technologies et de compétences autour de l’insémination artificielle et du transfert d’embryons.

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Du Sénégal au Botswana, le Brésil devient un partenaire clé de l’amélioration génétique bovine en Afrique

Avant cela, c’est au Burkina Faso qu’un programme d’importation de 710 bovins brésiliens de races Guzerá, Gir, Holstein et Nelore a également été annoncé en février dernier, afin d’améliorer les performances du cheptel national dans la production de viande et de lait. Un peu plus tôt en 2024, c’est le Sénégal qui annonçait l’importation de 1 000 bovins Guzerá à haut potentiel de production de viande, dans le cadre d’un partenariat public-privé visant à améliorer les performances de son élevage.

Dans la plupart de ces pays, l’objectif des gouvernements est de s’appuyer sur ces races à haut potentiel génétique pour améliorer progressivement les performances des cheptels locaux, grâce à des techniques de reproduction animale telles que le croisement avec les races locales, l’insémination artificielle, ou encore le transfert d’embryons.

Du bétail vivant aux semences animales, le Brésil diversifie son offre

La coopération entre le Brésil et les pays africains dans l’amélioration génétique ne se limite pas seulement à l’exportation de bovins. En novembre 2025, Brasilia a par exemple annoncé avoir obtenu le feu vert du gouvernement tanzanien pour expédier sur le marché du pays d’Afrique de l’Est une large gamme de produits d’élevage comprenant du matériel génétique bovin (embryons in vivo et in vitro). Un peu plus tôt en mars 2025, le Nigeria avait également ouvert son marché au sperme bovin brésilien, après l’approbation par ses autorités sanitaires du Certificat sanitaire international (CSI).

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Ces nouvelles ouvertures commerciales illustrent l’évolution de l’offre brésilienne en Afrique. Sur le continent, le pays d’Amérique latine ne cherche plus uniquement à exporter des animaux reproducteurs, mais aussi à positionner son expertise en matière de sélection animale et de technologies de reproduction.

Amélioration génétique bovine en Afrique : Une expertise forgée dans l’élevage tropical qui séduit

Si plusieurs pays africains se tournent vers le Brésil, c’est aussi en raison de l’expertise développée par ce pays dans l’élevage en milieu tropical. Il a lui-même adapté des races bovines européennes aux contraintes climatiques de ses différentes régions, donnant naissance à des animaux aujourd’hui recherchés dans les milieux tropicaux.

La race Girolando constitue l’un des exemples les plus connus de cette stratégie d’adaptation. Issue du croisement entre le Holstein, réputé pour son potentiel laitier, et le Gir, un bovin d’origine indienne reconnu pour sa résistance aux fortes températures et aux maladies tropicales, elle combine productivité et capacité d’adaptation.

Cette expérience intéresse particulièrement les pays africains confrontés à des conditions climatiques similaires au Brésil.

Les données compilées par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) montrent par exemple que le pays sud-américain s’impose comme le deuxième producteur mondial de viande bovine après les États-Unis, et le premier exportateur mondial. Il occupe également le 5e rang mondial pour la production de produits laitiers, derrière l’Inde, les États-Unis, le Pakistan et la Chine.

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Vers une transformation des modèles d’élevage africains ?

La multiplication des partenariats avec le Brésil traduit une évolution dans les stratégies agricoles africaines. Face à la hausse de la demande en produits animaux et à la dépendance persistante aux importations, plusieurs gouvernements cherchent désormais à améliorer la productivité de leurs élevages, plutôt qu’à augmenter uniquement les effectifs.

En Afrique de l’Ouest notamment, la dépendance aux importations de produits laitiers reste importante. La région constitue la deuxième zone importatrice de ces produits sur le continent après l’Afrique du Nord, avec des achats qui se chiffraient à 457 157 tonnes en volume en 2024, pour une facture de près de 869 millions USD, soit près de 500 milliards de F CFA d’après la FAO.

L’amélioration génétique apparaît ainsi comme l’un des leviers stratégiques pour renforcer l’offre locale. Toutefois, l’introduction de races plus performantes ne garantit pas à elle seule une hausse durable de la production. Elle doit être accompagnée d’investissements dans l’alimentation animale, les infrastructures d’élevage, les services vétérinaires et l’organisation des filières.

Source : Agence Ecofin

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