Production animale / Gestion du bétail en saison pluvieuse au Bénin

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Gestion du bétail en saison pluvieuse au Bénin

Si la saison pluvieuse au Bénin offre un fourrage naturel abondant, elle expose le bétail à de lourds risques parasitaires et exacerbe les conflits avec les agriculteurs, obligeant les éleveurs à renforcer la prophylaxie vétérinaire malgré un manque persistant d’infrastructures et de soutiens financiers.

Entre risques sanitaires et défis d’adaptation

La gestion du bétail regroupe l’ensemble des pratiques mises en œuvre pour assurer la santé, la protection et la productivité des animaux d’élevage. Au Bénin, cette activité devient particulièrement complexe pendant la saison pluvieuse en raison des nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés les éleveurs. Entre maladies animales, conflits liés au pâturage et insuffisance d’infrastructures adaptées, les acteurs du secteur doivent redoubler d’efforts pour préserver leurs troupeaux, surtout en saison pluvieuse.

La saison des pluies constitue une période sensible pour les éleveurs. L’abondance de l’humidité, la prolifération des parasites et les difficultés d’accès aux pâturages exposent les animaux à plusieurs risques sanitaires et nutritionnels. Pour faire face à cette situation, les éleveurs sont appelés à adopter des pratiques adaptées afin d’assurer la santé, la croissance et la productivité du bétail.

En effet, selon le vétérinaire Kotannou Marius, l’alimentation du bétail change considérablement pendant cette période. « En saison pluvieuse, les herbes poussent naturellement grâce aux pluies. Les animaux se nourrissent donc davantage de fourrage naturel contrairement à la saison sèche où les éleveurs doivent recourir aux fourrages conservés ou à d’autres compléments alimentaires », explique-t-il. Même constat chez Gounou Bassiti, vétérinaire et éleveur de gros ruminants. « Pendant la saison pluvieuse, les animaux se nourrissent principalement du pâturage naturel disponible. En complément, j’utilise des résidus de récolte stockés dans un magasin de conservation afin d’assurer leur alimentation lorsque l’accès à certaines zones devient difficile », confie-t-il.

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Une période tout de même sensible aux différentes maladies

Néanmoins, malgré cette disponibilité du fourrage naturel, la saison pluvieuse reste une période à haut risque pour le bétail. Les animaux sont davantage exposés aux maladies infectieuses et parasitaires. « On observe des cas de piétin, de gale, de parasitisme lié aux tiques ainsi que d’autres maladies favorisées par l’humidité et le manque d’entretien des troupeaux », indique le vétérinaire Kotannou Maruis. Au-delà de ces maladies, les éleveurs doivent aussi faire face aux conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs. Avec l’installation des cultures dans les champs, les déplacements des troupeaux deviennent plus compliqués et provoquent parfois des dégâts agricoles. « Pendant cette période, le passage des animaux devient très difficile. Cela crée souvent des tensions entre éleveurs et agriculteurs à cause des destructions de cultures et de l’accès limité aux pâturages », déplore Gounou Bassiti.

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Ces difficultés ne sont pas sans conséquences sur les animaux. Le stress, les maladies saisonnières et les restrictions de déplacement entraînent souvent une baisse de la production laitière, un ralentissement de la croissance et, dans certains cas, des perturbations de la reproduction.

Face à ces contraintes, certains éleveurs tentent de développer des stratégies d’adaptation. Gounou Bassiti reconnaît toutefois les limites de ses moyens. « Je ne dispose pas encore d’un abri moderne pour mes animaux. Ils restent principalement en élevage extensif. Cependant, grâce à mon expérience de vétérinaire, j’assure un suivi sanitaire régulier, des traitements préventifs contre les parasites et une bonne gestion alimentaire », affirme-t-il. Il ajoute également disposer d’un magasin de stockage pour conserver les résidus de récolte utilisés dans l’alimentation du troupeau.

Par ailleurs, l’insuffisance d’appuis financiers et matériels demeure un frein important pour les éleveurs. « L’accompagnement reste insuffisant, notamment pour améliorer les infrastructures d’élevage et les conditions de production pendant la saison pluvieuse », regrette-t-il.

Des mesures drastiques pour réduire les risques

Pour limiter les pertes et améliorer les conditions d’élevage, les spécialistes recommandent plusieurs mesures préventives. Selon Kotannou Maruis, le choix du site d’élevage est fondamental. « Les éleveurs doivent choisir des sites accessibles à l’eau et favorables à la production de pâturages. Ils doivent également veiller à la vaccination régulière des animaux afin de prévenir les maladies », conseille-t-il. Le vétérinaire insiste aussi sur la nécessité d’une bonne organisation autour de l’abreuvement et du fourrage. Il recommande aux éleveurs de créer leurs propres points d’eau afin de réduire les risques de contamination entre troupeaux.

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D’un autre côté, le respect du plan de prophylaxie reste essentiel. Celui-ci comprend les opérations de vaccination, de déparasitage et les traitements préventifs nécessaires au maintien de la santé animale. « Dès qu’un éleveur constate une anomalie chez un animal, il doit rapidement contacter un vétérinaire pour un diagnostic approprié », précise-t-il.

Entre opportunités liées à l’abondance du pâturage naturel et risques sanitaires importants, la gestion du bétail en saison pluvieuse demeure donc un véritable défi pour les éleveurs béninois. L’amélioration des infrastructures, l’accès aux soins vétérinaires et le renforcement de l’accompagnement technique apparaissent aujourd’hui comme des leviers indispensables pour une meilleure résilience du secteur de l’élevage.

Source : Le Rural Bénin

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