Mali/ La pêche, l’aquaculture et l’élevage face au défi de la souveraineté alimentaire

Elevage d'Afrique Info
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Souveraineté alimentaire

Le Mali peine encore à transformer ces ressources halieutiques en une offre alimentaire suffisante, accessible et compétitive, malgré un important cheptel et des ressources halieutiques abondantes.

Le développement des filières animales et halieutiques est freiné par les difficultés liées à la production, à la transformation, au transport et à la commercialisation.

Les États généraux de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture, lancés cette année, ont permis de dresser un état des lieux des différents secteurs et de recueillir les préoccupations des acteurs. Placée sous le thème de la modernisation des productions animales et halieutiques au service de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, cette concertation nationale vise à définir des solutions durables pour renforcer les performances des filières.

Cette réflexion intervient dans un contexte marqué par une forte pression sur la sécurité alimentaire. Les difficultés d’approvisionnement, les effets des conflits, les déplacements de populations et les perturbations des échanges commerciaux continuent d’affecter plusieurs régions, notamment dans le nord et le centre du pays.

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Pourtant, les ressources disponibles restent considérables. Les dernières données officielles recensent plus de 72 millions de têtes de bétail, réparties entre bovins, ovins et caprins. La production halieutique dépasse quant à elle les 113 000 tonnes, même si la pêche traditionnelle demeure largement dominante, la pisciculture représentant une faible part de la production nationale.

Au-delà des chiffres, les professionnels estiment que les principales difficultés se situent entre la production et le consommateur. Le manque d’infrastructures, l’insuffisance des points d’eau, les difficultés d’accès aux pâturages, le faible développement des chaînes de froid, les problèmes de transport ainsi que le coût des aliments pour bétail limitent fortement la valorisation des productions.

Les spécialistes plaident également pour un renforcement des services vétérinaires, des laboratoires de contrôle, des infrastructures d’abattage et des unités de transformation afin d’améliorer la qualité sanitaire des produits et leur compétitivité sur le marché.

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Dans la filière laitière, la collecte reste l’un des principaux défis. La production est dispersée et souvent autoconsommée, tandis que les difficultés de transport, de conservation et de refroidissement réduisent les volumes pouvant être transformés par les laiteries. Les professionnels appellent à une meilleure organisation des circuits de collecte et à des investissements dans les équipements de conservation.

Le secteur de la pêche fait également face à d’importantes contraintes. Malgré le potentiel national, le Mali continue de dépendre des importations de poissons congelés pour satisfaire une partie de la demande intérieure. Les pertes enregistrées après la capture, dues notamment au manque de glace, d’installations de conservation et de moyens de transport adaptés, réduisent davantage les quantités disponibles sur les marchés.

La pisciculture, considérée comme une filière porteuse, peine encore à décoller. Les opérateurs évoquent principalement le manque de financement, les difficultés d’accès aux alevins de qualité, aux aliments spécialisés ainsi qu’aux infrastructures nécessaires à la production.

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Afin de soutenir le développement du secteur, plusieurs investissements publics sont en cours avec l’appui de partenaires financiers. Des projets prévoient notamment la construction d’écloseries, de chambres froides, de forages, de moulins de fabrication d’aliments pour poissons et de nouvelles infrastructures destinées à l’aviculture et à l’aquaculture.

Pour les acteurs du secteur, les conclusions des États généraux devront désormais se traduire par des actions concrètes, assorties d’objectifs précis, de financements identifiés et d’un mécanisme de suivi. Selon eux, le renforcement de la souveraineté alimentaire du Mali passera autant par l’amélioration de la production que par une meilleure conservation, transformation et commercialisation des produits d’origine animale et halieutique.

 

Par Déborah. S

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