Elevage / La filière dromadaire, un atout que le Tchad peut mieux valoriser

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filière dromadaire

L’essor de la demande en protéines animales et en produits laitiers suscite un intérêt croissant pour des filières pastorales comme le dromadaire au Tchad. Longtemps considéré principalement comme un animal de transport, le camélidé apparaît comme un levier de diversification économique.

Au Tchad, pays sahélien souvent associé au pétrole et à la gomme arabique, le dromadaire règne en maître sur les vastes étendues du nord et des zones arides. Selon les statistiques les plus récentes de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), il abrite près de 11 millions de têtes, soit le plus grand troupeau de la planète.

Alors que l’élevage constitue déjà le premier poste d’exportation hors pétrole, cette richesse vient s’ajouter à un patrimoine pastoral plus large, affichant plus de 120 millions de têtes de bétail.

Une ressource stratégique

Au nord du Tchad, le dromadaire a depuis longtemps dépassé le statut d’animal d’élevage. Il est un marqueur fort de l’identité des communautés pastorales, faisant office de symbole de prestige, de richesse et de statut social. Le camélidé structure aussi les modes de vie dans les zones arides et semi-arides, permettant la mobilité sur de longues distances et reliant les campements aux marchés.

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Sur un autre plan, le dromadaire est un pilier de la sécurité alimentaire et joue un important rôle économique. Son lait, produit de manière relativement régulière même en période de sécheresse, constitue une source essentielle de protéines pour de nombreuses familles. Longtemps consommé dans les communautés pastorales, il gagne désormais les marchés urbains, notamment à N’Djamena, où la demande s’élargit peu à peu.

Sa viande, très prisée sur les marchés locaux et dans la sous-région, alimente un commerce dynamique et rentable, tandis que les exportations de dromadaires vivants vers les pays voisins comme la Libye, le Soudan et l’Égypte, génèrent des entrées significatives de devises, de même que les réexportations vers les pays du Golfe.

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À Mao, l’un des grands marchés du nord, situé à plus de 300 km de N’Djamena, cette économie prend tout son sens. Les éleveurs y convergent pour vendre leurs bêtes.

Un potentiel qui reste à exploiter

Malgré ce potentiel impressionnant, la filière dromadaire reste encore loin d’avoir donné toute sa mesure. Le Tchad exporte surtout des animaux sur pied, laissant une grande partie de la valeur ajoutée à d’autres pays. Il possède le troupeau, mais capte encore trop peu les bénéfices liés à la transformation, à la conservation, au conditionnement ou à la commercialisation de produits finis.

Face à cette situation, plusieurs pistes de valorisation se dessinent. D’un côté, le développement d’abattoirs modernes et de chaînes de froid permettrait de ne plus exporter uniquement du bétail sur pied, mais aussi de la viande de dromadaire transformée à plus forte valeur ajoutée, vers les marchés régionaux et ceux du Golfe. Une telle évolution permettrait de devenir un hub de la chaîne de valeur bétail/viande, en tirant profit d’une position géographique au carrefour de l’Afrique du Nord, de l’Ouest, du Centre et du Sahel.

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Sur un autre plan, le lait de chamelle/dromadaire ouvre lui aussi une autre voie. Longtemps consommé presque exclusivement par des populations nomades, ce produit connaît aujourd’hui un regain d’intérêt auprès d’un public plus large, notamment urbain et occidental. Cette popularité favorise son intégration croissante dans les circuits commerciaux, y compris à l’international, portée par sa réputation de produit aux vertus nutritionnelles, voire thérapeutiques.

Des partenariats étrangers commencent d’ailleurs à s’y intéresser. Selon des informations relayées par le quotidien Le Monde en février dernier, la Hongrie, qui a développé aux Émirats arabes unis la plus grande ferme de lait de chamelle au monde (Camelicious), s’est engagée à créer à N’Djamena un centre de recherche dédié et à soutenir la mise en place de fermes laitières.

Source : Agence Ecofin

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