Bénin / la SoDeFA mise sur la production locale pour dynamiser la filière avicole

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la SoDeFA mise sur la production locale pour dynamiser la filière avicole

Face à la dépendance aux importations et au coût élevé des intrants, la Société de Développement des Fermes Avicoles (SoDeFA) mise sur la reproduction locale pour renforcer la filière avicole béninoise. L’entreprise prévoit la production de reproducteurs, d’œufs à couver et de poussins, tout en investissant dans la formation de jeunes techniciens.

Au Bénin, la filière avicole entend renforcer sa production locale pour réduire sa dépendance aux importations. La Société de Développement des Fermes Avicoles (SoDeFA) veut jouer un rôle majeur dans cette transformation en développant la reproduction des volailles sur le territoire national.

Le secteur reste confronté à plusieurs difficultés, notamment le prix élevé de l’alimentation et l’insuffisance de poussins produits localement. L’alimentation représente entre 60 et 70 % des charges d’un élevage, tandis que l’importation des poussins et des œufs à couver augmente les coûts supportés par les producteurs.

Pour Youssoupha Dieme, directeur général de la SoDeFA, la dépendance commence dès la reproduction. « La difficulté de l’agriculture béninoise, c’est que dans tout ce pays, nous n’avons aucune poule reproductrice pour le poulet de chair industriel. Donc tout est importé », explique-t-il.

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Pour inverser cette tendance, la SoDeFA prévoit de développer une véritable chaîne de reproduction locale. L’entreprise ambitionne notamment de mettre en place 100 000 reproducteurs destinés à la production de poulets de chair. Cette capacité devrait permettre d’obtenir environ 17 millions d’œufs à couver et près de 14 millions de poussins.

Une telle production pourrait renforcer considérablement l’approvisionnement des éleveurs béninois. Elle devrait également contribuer à accroître l’offre de viande de volaille sur le marché national. Selon Youssoupha Dieme, la production de 14 millions de poussins pourrait représenter près de 19 000 à 20 000 tonnes de viande.

La production de poussins destinés aux poules pondeuses est également prévue. La SoDeFA annonce l’installation de 30 000 reproducteurs ponte, avec une capacité estimée à environ 3 millions de poussins. Ces animaux seront destinés aux producteurs avec un accompagnement technique.

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La formation des ressources humaines constitue également une priorité. Dix-huit jeunes sélectionnés dans différentes universités béninoises suivent actuellement une formation de six mois au Sénégal. La SoDeFA prévoit parallèlement de renforcer le centre de Sèmè afin d’en faire un important centre de formation avicole dans la sous-région.

Au-delà de la reproduction, la question de l’alimentation reste au cœur des préoccupations. Le Bénin dispose notamment de maïs et de soja, deux matières premières essentielles à la fabrication des aliments pour volailles. Une meilleure valorisation de ces ressources locales pourrait contribuer à réduire les coûts et la dépendance aux matières premières importées.

Pour la SoDeFA, la maîtrise de ces différents maillons doit permettre de construire une filière plus autonome et plus compétitive. Produire localement les reproducteurs, les œufs à couver et les poussins, tout en renforçant les compétences des acteurs, pourrait progressivement transformer l’aviculture béninoise.

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L’ambition affichée va même au-delà de l’autosuffisance. La SoDeFA souhaite, à terme, faire du Bénin un pays capable d’exporter ses produits avicoles. « À partir du moment où on les produit, on produit nos œufs, on produit nos poussins, rien ne nous arrêtera, le Bénin deviendra un exportateur de poulets et d’œufs », affirme Youssoupha Dieme.

La concrétisation de cette ambition dépendra toutefois de la régularité de la production, de la qualité des poussins et de leur accessibilité pour les éleveurs. Le développement des compétences et la disponibilité d’une alimentation à coût maîtrisé seront également déterminants pour assurer la compétitivité de la filière.

Avec cette stratégie, le Bénin entend ainsi renforcer les bases de son aviculture, réduire progressivement sa dépendance extérieure et accroître sa capacité à répondre à la demande nationale en viande et en œufs, rapporté par lerural.bj.

 

Par amy.SANGARE

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