Burkina Faso/ un nouveau vecteur de l’influence russe dans l’élevage en Afrique

Elevage d'Afrique Info
4 Min Read
santé animale

La Direction générale des services vétérinaires du Burkina Faso (DGSV) a reçu une délégation russe pour échanger sur la coopération en santé animale, le 18 juin 2026.

Les échanges ont porté sur la fourniture urgente de vaccins contre la maladie de Newcastle, un fléau pour les basses-cours locales et contre la rage. Au-delà de l’aide humanitaire, Moscou propose un transfert de technologies et un appui technique pour une production vaccinale, a indiqué l’agence ecofin.

Les deux parties prévoient l’échange de matériel biologique et la conduite de recherches conjointes, ce qui positionne la Russie non seulement comme fournisseur de solutions, mais aussi comme partenaire scientifique direct dans la recherche vétérinaire en République centrafricaine.

Parallèlement à cette offensive menée par Moscou sur le marché africain des produits et solutions vétérinaires, les échanges entre la Russie et l’Afrique montrent une montée en puissance sur le segment des protéines animales.

A LIRE AUSSI  Chiffrée à 231 milliards FCFA, la filière porcine en plein essor au Cameroun

Quelques mois plus tôt, en mai 2025, la République centrafricaine signait déjà un accord de coopération scientifique avec le VNIIZZh, le puissant institut vétérinaire russe. Au Nigeria, géant démographique du continent, les diplomates russes négocient activement le développement de chaînes du froid et d’infrastructures d’élevage.

Les exportations russes de viande de volaille vers le continent ont plus que doublé pour atteindre environ 35 000 tonnes en 2025, avec des débouchés dans plusieurs pays dont le Bénin, la RDC et le Ghana, traduisant un renforcement de la présence russe sur le marché africain des produits animaux. Selon les données d’Agroexport, l’organe fédéral russe chargé de structurer et promouvoir les exportations agricoles, cette progression s’explique également par l’ouverture de nouveaux marchés en Afrique, notamment en République centrafricaine et au Soudan.

A LIRE AUSSI  Afrique de l’Ouest / ce qu’il faut savoir sur la résurgence de la grippe aviaire au premier semestre

Dans ce contexte, le rapprochement de Moscou avec les pays africains dans le secteur vétérinaire peut être interprété comme un levier d’accès à de nouveaux débouchés sur un marché de la viande hautement concurrentiel, dominé par des fournisseurs déjà bien implantés comme le Brésil, les États-Unis ou l’Union européenne.

Il faut noter qu’en Afrique, les importations de viandes et abats de volaille ont augmenté de plus de 20% en 5 ans, passant de 2 millions de tonnes en 2020 à 2,44 millions de tonnes en 2024, d’après les données compilées par la FAO. Parallèlement, la facture de ces achats a progressé de 37 % sur la même période pour atteindre 2,63 milliards $.

A LIRE AUSSI  Le Togo engage la validation de son plan de gestion de la transhumance 2026-2030

Cette dynamique suggère que la coopération vétérinaire ne se limite pas à un enjeu sanitaire, mais constitue également un levier d’intégration progressive de la Russie dans la chaîne de valeur de l’élevage en Afrique aussi bien en amont qu’en aval.

Par ailleurs, l’accès aux marchés des produits d’élevage pourrait constituer un prolongement commercial de cette stratégie, permettant à la Russie de diversifier ses exportations agricoles vers l’Afrique au-delà des segments traditionnels comme les céréales, le blé ou encore les engrais.

par Déborah. S et agence écofin

 

 

Share This Article
Leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *