À Bamako, la viande devient progressivement un produit difficile à s’offrir pour de nombreux ménages. Dans les marchés et les boucheries de la capitale malienne, les professionnels constatent une baisse de la demande alors que les prix continuent de grimper.
Au marché de Médina, le boucher Boubacar Traoré constate avec inquiétude la chute de son activité. Selon lui, alors qu’il pouvait auparavant vendre jusqu’à trois bœufs par jour, il peine désormais à en écouler un seul en une semaine. Une situation qui traduit les difficultés croissantes des consommateurs.
Le kilogramme de viande coûte aujourd’hui autour de 4 500 FCFA avec os et peut atteindre 5 000 FCFA sans os. Pour les familles aux revenus modestes, ces tarifs représentent une dépense importante et les obligent parfois à réduire, voire à supprimer, la viande de leurs repas.
Cette situation s’explique par plusieurs facteurs. L’insécurité perturbe les déplacements du bétail et rend son acheminement vers les grands centres de consommation plus compliqué. Parallèlement, le coût de l’alimentation animale a fortement augmenté, tandis que les dépenses liées aux soins vétérinaires pèsent davantage sur les éleveurs.
À Kati, l’éleveur Amadou Diallo souligne notamment la hausse du coût des traitements. Certaines maladies nécessitent désormais des dépenses importantes, ce qui augmente les charges des producteurs et se répercute finalement sur le prix de vente des animaux.
Les bouchers doivent également faire face à leurs propres difficultés. La baisse des ventes intervient alors que les coûts d’abattage, les taxes municipales et les dépenses d’électricité pour la conservation de la viande augmentent. Pour certains professionnels, maintenir leur activité devient de plus en plus compliqué.
La crise se répercute ainsi sur l’ensemble de la filière. Éleveurs, transporteurs, commerçants et bouchers sont touchés par la hausse des charges et la diminution du pouvoir d’achat des consommateurs.
Pour les familles de Bamako, cette situation transforme progressivement la viande en produit de luxe. Dans un pays où l’élevage occupe une place importante dans l’économie et l’alimentation, la hausse persistante des prix constitue donc un véritable défi pour les ménages comme pour les acteurs de la filière, rapporté par maliactu.net.
PAR AMY.SANAGARE



