Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, les conséquences continuent de peser lourdement sur la ferme laitière Kyivska, située à moins de 50 kilomètres de Kiev. Dès les premiers jours de l’invasion russe, l’exploitation a été occupée, plongeant l’élevage dans une situation critique.
Avant le conflit, la ferme s’étendait sur 6 000 hectares et comptait environ 1 400 bovins, dont 600 vaches laitières. Elle produisait quotidiennement près de 20 000 kg de lait. Mais avec le déclenchement de la guerre le 24 février 2022, tout a basculé.
Malgré la poursuite de la traite durant les premiers jours, la situation s’est rapidement détériorée. Les bombardements et l’occupation ont empêché les employés d’accéder régulièrement aux installations. Privée d’électricité, de carburant et de main-d’œuvre, la ferme a vu ses activités fortement perturbées, voire interrompues par moments.
Les animaux, stressés par les explosions et les passages militaires, ont vu leur état de santé se dégrader. Le lait produit ne pouvait plus être collecté en raison de la désorganisation des circuits logistiques, entraînant d’importantes pertes. Dans certains cas, il a été distribué localement lorsque cela était possible.
Par ailleurs, l’alimentation du bétail est devenue insuffisante. Les vaches manquaient de compléments nutritifs et l’accès à l’eau était limité à cause des coupures d’électricité. Cette situation a provoqué une chute importante de la production laitière, estimée entre 40 et 50 %.
Certaines bêtes ont été blessées ou tuées lors des combats, tandis que d’autres ont été laissées en liberté pour survivre comme elles le pouvaient. Dans ce contexte, l’objectif des éleveurs n’était plus de produire, mais simplement de maintenir les animaux en vie.
Aujourd’hui encore, plusieurs années après ces événements, la ferme peine à retrouver son niveau d’activité d’avant-guerre. Les pertes économiques restent importantes et la reconstruction de l’exploitation demeure lente, malgré une reprise progressive, Publié le 02 avril 2026 selon web agri.
Par AMINATA S.



