Malgré les pluies enregistrées en octobre, les conséquences de la sécheresse estivale continuent de peser sur les élevages des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France. Les difficultés d’approvisionnement en fourrage, les enjeux de la future Politique agricole commune (PAC) et le dynamisme des filières locales restent au cœur des préoccupations des professionnels.
Les transhumances se déroulent dans de bonnes conditions grâce aux températures douces. Les pluies récentes favorisent le reverdissement des pâturages, sans toutefois compenser les pertes de ressources végétales causées par les fortes chaleurs de l’été. Les éleveurs anticipent ainsi des difficultés pour nourrir leurs animaux durant l’automne.
Malgré ce contexte, les troupeaux redescendent de montagne dans un état satisfaisant. Les ventes de broutards restent également correctes, même si les cours sont en baisse par rapport à l’année précédente.
L’approvisionnement en foin demeure cependant préoccupant. Les prix sont élevés et les volumes disponibles limités. Face à la demande nationale, plusieurs régions françaises se tournent vers l’Espagne pour acheter du fourrage, ce qui risque de compliquer l’approvisionnement des éleveurs des Pyrénées-Orientales qui n’auront pas constitué leurs stocks à temps. La sécurisation des réserves fourragères constitue donc une priorité pour les exploitations locales.
Pour soutenir les élevages les plus touchés par les canicules et la sécheresse, le gouvernement français a débloqué 1,48 million d’euros en faveur des Pyrénées-Orientales. La plateforme de dépôt des demandes d’aide a fermé le 23 octobre 2026. Au total, 175 éleveurs et neuf structures équestres ont soumis un dossier. Les premiers acomptes ont déjà été versés.
La seconde moitié du mois a également été marquée par les assemblées générales du Groupement de défense sanitaire (GDS), de l’Association des associations foncières pastorales et des groupements pastoraux (AFP/GP), ainsi que de la Société d’élevage. Ces rencontres ont permis de faire le bilan d’une année 2025 marquée par la dermatose nodulaire contagieuse et de saluer la résilience de la filière, qui a poursuivi ses actions malgré les crises.
La future Politique agricole commune après 2027 constitue un autre enjeu majeur pour les exploitations de montagne. Le 29 septembre 2026, l’Association des chambres d’agriculture des Pyrénées (ACAP) a organisé à Ax-les-Thermes un séminaire consacré à l’agriculture de montagne et aux perspectives de la prochaine PAC.
Les échanges ont permis de dégager trois priorités pour les exploitations pyrénéennes : le maintien de l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN), la prise en compte des revenus dans la détermination du niveau des futurs DABIS et l’éligibilité des surfaces pastorales aux aides.
Le 27 octobre, la Commission pastorale Occitanie a précisé les positions professionnelles sur ce dernier point. Elles doivent être présentées sous la forme d’une motion lors des sessions des chambres d’agriculture. Dans les Pyrénées-Orientales, cette démarche est prévue le 19 novembre 2026.
Parallèlement, les filières locales poursuivent leur développement. Le 19 octobre 2026, la coopérative Cimelait a inauguré l’extension de ses locaux à l’occasion de ses dix années d’activité. Avec une production annuelle de quatre millions de yaourts, elle fournit environ 250 clients dans les Pyrénées-Orientales. Ses produits sont notamment destinés aux familles, aux établissements de restauration scolaire et aux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
Cette progression illustre le dynamisme de la filière laitière locale et le renforcement de sa présence sur le marché français. Malgré les contraintes climatiques et économiques, les acteurs de l’élevage poursuivent leurs efforts pour préserver les exploitations, sécuriser l’alimentation des troupeaux et consolider les filières du territoire, rapproché par agriculture.fr.
Par Amy SANGARE
