Aquaculture / En Égypte, l’énergie solaire améliore la rentabilité des acteurs de la chaîne de valeur aquacole

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WorldFish

En Égypte, l’intégration de l’énergie solaire dans la production et la commercialisation du poisson réduit considérablement les coûts de production, améliorant ainsi la rentabilité des activités aquacoles, longtemps pénalisées par le coût élevé de l’énergie.

Pour les pisciculteurs, le diesel utilisé pour alimenter les pompes constitue une charge quotidienne importante. Quant aux femmes détaillantes, l’absence de solutions de conservation entraîne souvent la détérioration du poisson avant sa vente. Face à ces défis, le projet Center for Renewable Energy in Aquaculture (CeREA), mis en œuvre par WorldFish avec l’appui de l’Ambassade royale de Norvège au Caire, accompagne les acteurs de la chaîne de valeur aquacole dans l’adoption de solutions d’énergie renouvelable adaptées aux réalités du terrain.

À Kafr El Sheikh, Naser Mahfouz, pisciculteur exploitant une ferme de 10,4 acres, dépendait auparavant du diesel pour faire fonctionner ses pompes. Les coûts élevés du carburant réduisaient sa rentabilité et rendaient ses activités moins prévisibles. Après avoir participé, en décembre 2024, à une session de formation de terrain organisée par CeREA, il a pu découvrir le fonctionnement d’un système de pompage solaire hors réseau, ainsi que son coût, ses besoins en maintenance et ses avantages pratiques. Cette démonstration l’a convaincu d’investir dans un système solaire de 22 kW, qui lui permet aujourd’hui de réduire ses dépenses d’exploitation tout en bénéficiant d’une source d’énergie plus stable pour son exploitation piscicole.

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En Égypte, l’énergie solaire améliore la rentabilité des acteurs de la chaîne de valeur aquacole

L’impact est également visible chez les femmes impliquées dans la vente et la transformation du poisson. À Fayoum, Mariam Hussein, 37 ans et mère de trois enfants, vivait chaque journée de vente comme une course contre la montre : lorsque le poisson n’était pas vendu rapidement, il risquait de se détériorer, l’obligeant parfois à le céder à perte. Grâce à un refroidisseur portable alimenté par l’énergie solaire, reçu dans le cadre du projet, elle peut désormais conserver son poisson plus longtemps, réduire les pertes, mieux organiser ses ventes et transformer les invendus au lieu de les jeter. Pour elle, cette technologie représente bien plus qu’un simple équipement : elle constitue une véritable garantie de sécurité économique.

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Le projet CeREA démontre que l’adoption des énergies renouvelables ne dépend pas uniquement de la disponibilité des technologies, mais aussi de la formation, de la confiance des utilisateurs et de l’accès à l’information. Jusqu’en avril 2025, le projet avait organisé 39 activités de renforcement des capacités, touchant 3 411 participants, dont 2 663 hommes formés au pompage solaire, à la maintenance et à la planification financière, ainsi que 748 femmes formées au refroidissement solaire, à la réduction des pertes post-récolte et à l’accès aux fournisseurs et aux mécanismes de financement. Ces résultats contribuent à créer un réseau d’acteurs mieux préparés à intégrer les énergies renouvelables dans le développement de l’aquaculture.

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« L’énergie solaire contribue à la santé des poissons »

Au-delà de ces expériences individuelles, l’exemple égyptien montre que l’énergie solaire peut devenir un véritable levier de transformation pour l’aquaculture. Elle réduit la dépendance au diesel, améliore la stabilité des activités, favorise une meilleure gestion de l’eau, contribuant ainsi à la santé des poissons, renforce la qualité des produits commercialisés et protège les revenus des femmes actives dans le commerce de détail. Le défi consiste désormais à passer à l’échelle en facilitant l’accès des producteurs et des vendeuses aux fournisseurs de technologies, aux services de maintenance et aux mécanismes de financement. Avec CeREA, l’énergie solaire s’impose progressivement comme une solution concrète pour rendre l’aquaculture plus rentable, plus inclusive et plus résiliente.

Sandrine KOUADJO et Africavet

 

 

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