Le Nigeria poursuit sa stratégie de développement de la filière laitière locale en explorant de nouvelles possibilités de coopération avec l’Ouganda, après s’être intéressé au modèle kényan. Abuja entend ainsi améliorer la productivité de son élevage et réduire sa dépendance aux importations de produits laitiers.
Le 15 octobre 2026, le ministre nigérian du Développement de l’élevage, Idi Mukhtar Maiha, a reçu l’ambassadeur ougandais Philip Odida pour examiner les perspectives de collaboration entre les deux pays. Selon un communiqué du ministère nigérian, les discussions ont porté sur l’amélioration génétique du cheptel, l’alimentation animale, la santé du bétail et la transformation du lait.
Des acteurs privés ont également exprimé leur intérêt pour la transformation des excédents de lait en poudre et en produits à valeur ajoutée destinés aux marchés régionaux. Cette initiative fait suite aux échanges engagés en août entre Abuja et la Chambre de commerce Nigeria-Ouganda sur le transfert de technologies et l’amélioration des systèmes d’élevage.
Filière lait : le Nigeria manifeste son intérêt pour le modèle ougandais
L’intérêt du Nigeria pour l’expérience ougandaise s’explique notamment par les performances de sa filière laitière. Selon les données du ministère ougandais de l’Agriculture, la production nationale est passée de 2,7 milliards de litres en 2020 à 5,4 milliards en 2024. Sur la même période, les exportations de produits laitiers ont progressé, générant 285,4 millions de dollars en 2024, contre 102,6 millions en 2022, selon l’Agencecofin.
Cette dynamique repose notamment sur le développement de la transformation, avec des produits comme la poudre de lait et le lait traité à ultra-haute température (UHT).
En septembre dernier, la Commercial Dairy Ranchers Association of Nigeria (CODARAN) avait déjà organisé une mission d’étude au Kenya afin d’examiner les pratiques du pays en matière de production, de contrôle qualité et de commercialisation.
Depuis juin 2025, le Nigeria ambitionne de doubler sa production laitière nationale pour atteindre 1,4 million de tonnes par an d’ici 2030, avec l’appui du secteur privé. La réussite de cet objectif dépendra notamment de l’adaptation des expériences étrangères aux réalités locales et du renforcement des infrastructures de collecte et de transformation.
Sandrine KOUADJO
