Sécheresse, hausse des coûts de production, baisse des réserves fourragères et maladies animales : les éleveurs bovins font face à une accumulation de difficultés qui pourrait fortement peser sur la prochaine campagne.
À l’approche du Sommet de l’Élevage, prévu du 6 au 9 octobre, le secteur bovin reste marqué par une forte inquiétude. La sécheresse a durement affecté les prairies et les cultures, poussant de nombreux éleveurs à utiliser une grande partie de leurs stocks de fourrage avant l’hiver. Ces réserves pourraient donc manquer pour assurer l’alimentation des animaux dans les prochains mois.
Cette situation pourrait conduire certains élevages à réduire leurs effectifs, malgré la volonté des professionnels de préserver leur capacité de production. Les semis de colza, de ray-grass et d’autres cultures fourragères sont également compliqués par l’état très sec des sols. La hausse des prix des carburants devrait, en outre, augmenter les charges liées aux travaux agricoles.
L’eau apparaît ainsi comme l’un des principaux enjeux pour l’avenir de l’élevage. Les conséquences des fortes chaleurs enregistrées cet été restent également difficiles à mesurer. Une diminution des naissances pourrait notamment être observée dans les prochains mois.
Sur le plan sanitaire, la situation appelle aussi à la vigilance avec la circulation de la fièvre catarrhale ovine (FCO), de la maladie hémorragique épizootique (MHE) et du virus Shamonda. Ce dernier peut provoquer notamment de la fièvre, de l’abattement, des diarrhées et une baisse de la production laitière. Les avortements et les malformations chez les veaux font également partie des conséquences surveillées.
Le marché de la viande bovine subit lui aussi les effets de cette conjoncture. Les fortes chaleurs ont contribué à réduire les ventes durant l’été, tandis que la hausse des prix et des dépenses des ménages limite davantage la consommation de viande. Certains consommateurs aux revenus modestes ont ainsi réduit leurs achats.
Dans le même temps, l’offre bovine pourrait diminuer au cours de l’automne après les importants volumes d’abattage enregistrés pendant l’été. Le secteur allaitant reste relativement stable, tandis que les réformes laitières demeurent disponibles en quantité suffisante pour répondre à la demande.
Le marché du jeune bovin pourrait toutefois évoluer rapidement, les prix proposés étant actuellement attractifs par rapport à ceux des vaches de qualité similaire. Dans l’ensemble, les éleveurs abordent donc les prochains mois avec prudence, entre contraintes climatiques, risques sanitaires et hausse des coûts de production, rapporté par pleinchamp.com.
Par Amy. SANGARE
