Un projet qui vise à renforcer la santé animale et à moderniser les services vétérinaires, de 2026 à 2036 a été validé, lors d’un atelier organisé par le ministère du développement de l’élevage du Nigéria, à Abuja.
Ce plan décennal vise à améliorer la surveillance des maladies animales, renforcer les capacités des laboratoires vétérinaires, développer les systèmes de vaccination et moderniser les mécanismes d’identification et de traçabilité du bétail, a indiqué l’agence écofin.
Plusieurs résolutions portant sur le renforcement des capacités institutionnelles, la mise en place de mécanismes de financement durables et l’amélioration des systèmes de notification des maladies, ont été adoptées. Il est également prévu l’élaboration d’une stratégie nationale coordonnée de vaccination entre les États, l’expansion des partenariats public-privé dans la chaîne de valeur de l’élevage ainsi que la transformation numérique et l’approche intégrée des enjeux de santé animale, humaine et environnementale.
Cette démarche intervient alors que le Nigeria fait face à une recrudescence de la fièvre charbonneuse, aussi appelée maladie du charbon ou anthrax, après plus d’une année sans déclaration majeure. Il s’agit d’une infection bactérienne qui touche principalement le bétail.
Au-delà de l’anthrax, qui est actuellement au cœur de l’actualité sanitaire de l’élevage au Nigeria, d’autres maladies animales continuent de représenter une menace majeure pour le développement du secteur, avec une répartition qui varie selon les régions et les systèmes de production.
Selon le dernier rapport du service national de vulgarisation agricole et de liaison pour la recherche (NAERLS), les bovins demeurent particulièrement exposés à la péripneumonie contagieuse bovine (CBPP), à la fièvre aphteuse (FMD) et à la tuberculose bovine, qui ont été signalées dans plusieurs régions du pays.
Les petits ruminants, notamment les chèvres et les moutons, sont quant à eux fortement touchés par la peste des petits ruminants (PPR), dont des foyers ont été enregistrés dans les régions Centre-Nord, Nord-Est et Nord-Ouest.
Dans la filière avicole, la maladie de Newcastle (NCD) apparaît comme la pathologie la plus répandue, rapportée dans pratiquement toutes les régions du pays en 2024. Les producteurs doivent aussi faire face à des épisodes récurrents d’influenza aviaire hautement pathogène (HPAI), de choléra aviaire, de maladie de Gumboro (IBD), de typhoïde aviaire et de maladie respiratoire chronique (CRD), selon les zones.
La filière porcine n’est pas épargnée. Le rapport du NAERLS mentionnait également des cas de peste porcine africaine (ASF), principalement dans le Centre-Nord, tandis que diverses maladies parasitaires continuent d’affecter les élevages dans le Nord-Est.
Reste à voir dans quelle mesure la nouvelle feuille de route annoncée permettra de réduire durablement la vulnérabilité sanitaire du cheptel nigérian dans les prochaines années.
Il faudra évaluer si cette stratégie suffit à sécuriser durablement la santé animale au Nigeria.
par Déborah. S



