Un projet pour développer des fourrages visant à améliorer le potentiel génétique des animaux d’élevage en Afrique subsaharienne a été initié par Le Collège rural d’Écosse (SRUC) et l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI). Ce projet permettra également de réduire à long terme les niveaux de gaz à effet de serre (GES) émis par ceux-ci, a indiqué l’ILRI dans une publication.
Le projet, commandé par le Centre du CGIAR du Royaume-Uni et financé par le Bureau des affaires étrangères, du Commonwealth et du développement (FCDO) du Royaume-Uni, vient de terminer sa phase de validation de principe, selon l’Institut de recherche, les équipes ont travaillé en Éthiopie et en Écosse et prévoient d’étendre leurs travaux en Éthiopie au cours de l’année prochaine.
« L’élevage est un sous-secteur de l’agriculture en pleine expansion, notamment en Afrique. Environ 85 % des éleveurs mondiaux résident en Afrique subsaharienne. L’élevage contribue à environ 35 % du produit intérieur brut agricole de la région. Cependant, ce sous-secteur est mal équipé pour répondre à la demande de produits laitiers, qui devrait augmenter considérablement au cours des prochaines décennies. L’élevage est également lié aux émissions de GES. Les ruminants comme les vaches, les moutons et les chèvres émettent des quantités importantes de méthane – un puissant GES responsable d’environ 30 % du réchauffement climatique – lors de leur digestion. Outre leurs impacts environnementaux, les émissions de méthane peuvent entraîner une perte d’énergie alimentaire chez les ruminants, ce qui peut impacter leur santé et leur productivité. Pour diverses raisons, les agriculteurs d’Afrique subsaharienne manquent souvent d’accès à des aliments de qualité et abordables, notamment pendant la saison sèche », précise, l’institut.
L’ILRI explique que les émissions du méthane sont la conséquence de la mauvaise qualité de l’alimentation du bétail, ajoutant que l’objectif de ce projet et d’améliorer leur nutrition en réduisant au maximum l’émission du méthane.
La plupart des bovins sont donc nourris avec des résidus de récolte et des fourrages de mauvaise qualité. La quantité de méthane produite et émise par les animaux dépend du type d’alimentation qui leur est donnée, certaines espèces et variétés produisant des émissions de méthane plus importantes que d’autres (…) L’objectif du projet est de développer les techniques et les connaissances nécessaires au développement de fourrages et de cultures vivrières/fourrageres de meilleure qualité, à faibles émissions de méthane, pour l’alimentation du bétail en Afrique subsaharienne. En élevant moins d’animaux, mais plus productifs, les agriculteurs réduiront non seulement les émissions de GES de leurs exploitations, mais augmenteront également la production et la rentabilité de leur bétail en réduisant le coût des aliments par rapport à leurs revenus ».
L’ILRI indique qu’il possède une riche expérience en nutrition des ruminants et ses laboratoires disposent d’impressionnantes ressources génétiques de fourrages et de cultures vivrières et fourragères. La banque de gènes de l’organisation à Addis-Abeba compte près de 20 000 accessions fourragères et constitue la collection la plus diversifiée en termes d’espèces.
MYNA



