En Afrique, 22 % des protéines animales disponibles viennent des produits de la mer et des eaux douces. Alors que la pression sur ces ressources s’intensifie, des initiatives se multiplient en faveur de la gestion durable du secteur.
La Confédération marocaine des armateurs industriels de la pêche pélagique (COMAIP) et la Conférence ministérielle sur la coopération halieutique entre les États africains riverains de l’Océan Atlantique (COMHAFAT) ont signé, le 5 février 2025, un protocole d’accord visant à harmoniser les pratiques de pêche durable en Afrique.
Cet événement intervient en marge de la 7ème édition du salon Halieutis placé sous le thème « Recherche et innovation pour un secteur halieutique durable » qui se tient du 6 au 9 février à Agadir. D’après les informations relayées par les médias locaux, ce nouveau partenariat prévoit des interventions sur trois axes prioritaires notamment le renforcement des bonnes pratiques et des réglementations, le partage de connaissances entre les pays concernés et le développement de solutions adaptées aux réalités du continent.
Ce n’est pas la première fois que le Maroc, leader africain dans le secteur de la pêche, se lance dans un partenariat pour améliorer la gestion durable des ressources halieutiques sur le continent. Dans le cadre de précédents protocoles d’accord signés en marge de la Conférence de Haut Niveau de l’Initiative de la Ceinture Bleue en 2023, le pays d’Afrique du Nord a mis à disposition son expertise scientifique pour conduire l’évaluation de stocks halieutiques au Bénin, au Libéria et en Côte d’Ivoire en vue de l’élaboration de stratégies de conservation et de gestion durable des ressources halieutiques dans ces pays.
Plusieurs pays africains s’engagent pour la gestion durable de leurs pêcheries au Maroc
Pour les pays côtiers d’Afrique, l’enjeu d’adopter des stratégies intégrées combinant régulation, surveillance, innovation technologique et coopération régionale, est de juguler les pressions exercées par la surpêche et la pêche illicite et non réglementée (INN) sur les ressources halieutiques qui fournissent des sources de revenus pour plus de 12 millions de personnes sur le continent.
Dans un rapport intitulé « Fishy networks : uncovering the companies and individuals behind illegal fishing worldwide » publié en 2022, l’organisme Financial Transparency Coalition a révélé par exemple que les pays africains perdent chaque année jusqu’à 11,5 milliards $ en flux financiers illicites directement liés aux pratiques de pêche INN.
Pour rappel, le COMHAFAT est composé de 22 États membres, y compris le Maroc.



