Au Niger, le retour progressif des pluies ne suffit pas encore à soulager les troupeaux. Le dernier bulletin de surveillance pastorale d’Action contre la Faim, publié le 18 août 2026, fait état d’une forte pression alimentaire, hydrique et sanitaire entre juin et juillet, selon Africavet.
Le suivi, réalisé sur 37 sites sentinelles répartis dans sept régions, montre que 56 % des sites disposent de pâturages insuffisants ou quasiment inexistants. Malgré une biomasse globalement supérieure à la moyenne observée depuis 1999, la repousse reste inégale. Des déficits persistent notamment dans certaines zones de Tahoua, Diffa, Zinder et Dosso.
L’accès à l’eau s’améliore avec les pluies. Il reste toutefois moyen dans 53 % des sites et insuffisant dans 16 %. Les puits assurent encore plus de la moitié de l’abreuvement du bétail, tandis que les mares commencent progressivement à prendre le relais.
Des troupeaux toujours affaiblis
L’état corporel des animaux traduit cette situation difficile. Chez les petits ruminants, seuls 3,12 % des sites signalent un bon état, contre 15 % lors de la période précédente. Dans 90 % des sites, l’état des moutons et des chèvres est jugé passable.
Chez les gros ruminants, seulement 3 % des sites signalent un bon état, tandis que plus de 78 % les jugent passables. Cette faiblesse réduit la production de lait, la prise de poids, les capacités de reproduction et la résistance aux maladies.
La situation sanitaire inquiète également. Des suspicions de maladies ont été signalées dans 87,5 % des sites, contre 76 % précédemment. La clavelée, la pasteurellose, le charbon bactéridien, la peste des petits ruminants, les dermatoses, la piroplasmose et la rage figurent parmi les affections évoquées. Près de 28 % des relais ont aussi rapporté des mortalités animales, contre 15 % lors de la période précédente.
Une pression économique persistante
Le prix moyen de l’aliment pour bétail a augmenté de 33 % sur un an, tandis que celui du mil a progressé de 10 %. Le pouvoir d’achat des éleveurs reste toutefois meilleur qu’en 2025, la vente d’un caprin permet désormais d’acheter en moyenne 126 kg de mil, contre seulement 73 kg l’année précédente.
Les appuis humanitaires et pastoraux se poursuivent, mais concernent moins de sites, 43,75 % entre juin et juillet, contre 66 % précédemment. Ils comprennent notamment la vente de céréales et d’aliments à prix modéré, la vaccination et la distribution de kits caprins.
Le bulletin recommande de renforcer la surveillance sanitaire, les services vétérinaires, la vaccination et le déparasitage, mais aussi de renouveler les stocks d’aliments et de prévenir les conflits liés à l’accès aux ressources.
Le retour des pluies devrait améliorer progressivement les conditions pastorales. Pour des troupeaux déjà fragilisés, la reprise reste toutefois lente et dépendra autant de l’évolution des pâturages que de l’accès aux soins et aux appuis.
Sandrine KOUADJO



