Réunis les 29 et 30 octobre 2026 à Arusha, le Kenya et la Tanzanie ont révisé leur accord sanitaire pour renforcer la surveillance des maladies animales transfrontalières.
Cet accord bilatéral sur la santé animale vise à harmoniser la surveillance épidémiologique, à faciliter le commerce du bétail et à renforcer la lutte contre les maladies transfrontalières.
La rencontre, organisée par le Centre de Développement des Zones Pastorales et de l’Élevage de l’IGAD (ICPALD), avait pour objectif d’améliorer la coordination des interventions vétérinaires le long de l’une des frontières pastorales les plus dynamiques d’Afrique de l’Est. Elle a réuni des responsables vétérinaires, épidémiologistes et experts en réglementation sanitaire des deux pays.
Les discussions ont porté sur l’harmonisation des campagnes de vaccination, le partage en temps réel des données épidémiologiques et la coordination des enquêtes lors de foyers transfrontaliers. Les deux pays cherchent à renforcer leurs systèmes d’alerte précoce afin de mieux contrôler des maladies telles que la péripneumonie contagieuse bovine (PPCB), la peste des petits ruminants (PPR), la fièvre aphteuse (FA) et la fièvre de la Vallée du Rift (FVR).
Au-delà de la surveillance sanitaire, cette révision vise également à réduire les obstacles techniques au commerce du bétail. Les différences dans les certifications sanitaires, les exigences vétérinaires et les procédures diagnostiques ont régulièrement provoqué des retards aux frontières, affectant les échanges commerciaux et les moyens de subsistance des communautés pastorales. Les autorités travaillent ainsi à une meilleure reconnaissance mutuelle des certificats sanitaires vétérinaires et des résultats de laboratoire délivrés de part et d’autre de la frontière.
L’approche Une Seule Santé a également occupé une place centrale dans les échanges. Les principaux couloirs pastoraux reliant le sud du Kenya et le nord de la Tanzanie traversent des zones écologiquement sensibles, notamment l’écosystème Serengeti-Mara, où les interactions entre faune sauvage, bétail et populations humaines favorisent la circulation de maladies zoonotiques. Les participants ont souligné la nécessité d’une collaboration renforcée entre services vétérinaires, autorités sanitaires, organismes de conservation et structures locales de coordination.
Les conclusions de la réunion d’Arusha devraient servir de feuille de route opérationnelle pour les équipes vétérinaires de terrain et les administrations frontalières des deux pays, dans un contexte marqué par une mobilité croissante des troupeaux et des pressions climatiques de plus en plus fortes.
Sandrine KOUADJO et Africavet
