Le financement du climat mondial alloué aux petits producteurs en Afrique de l’Ouest couvre moins de 2 % de leurs besoins (Rapport)

Le financement du climat mondial alloué aux petits producteurs en Afrique de l’Ouest couvre moins de 2 % de leurs besoins (Rapport)

En Afrique de l’ouest, le financement public international pour le climat destiné aux petits agriculteurs familiaux d’Afrique de l’Ouest ne couvre que 1,45% de leurs besoins financier.

C’est ce que révèle un Rapport sur les coûts d’adaptation et des investissements des exploitations familiales agricoles. Réalisée  par le Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) ce document a été présenté lors d’une Conférence de presse régionale qui s’est tenue le jeudi 23 octobre 2025.

Cette rencontre qui s’est faite par visioconférence, a enregistré plusieurs participants parmi lesquels les membres du Réseau des Journalistes pour la Promotion des Produits Agro-sylvo-pastoraux et Halieutiques de l’Afrique de l’ouest et du Sahel (REJPAH-AOS).

Dénommé «Nourrir le monde dans un climat changeant : le financement de l’adaptation a besoin des petits producteurs », ce rapport réalisé dans le cadre des activités de l’alliance  Family Farmers for Climate Action,  est un cri du cœur du ROPPA qui y présente la nécessité voire, l’urgence de la création d’un Fonds pour les agriculteurs dans l’optique de canaliser les financements vers les petits producteurs.

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En effet,  les exploitations familiales  représentent à elles seules près de 80 % de la production alimentaire en Afrique de l’Ouest, malheureusement le déficit de financement constitue un gros handicap. Faute d’accompagnement, les petits producteurs sont obligés de s’autofinancer ou de contracter des dettes, ce qui accroît leur vulnérabilité.

« Investir dans l’adaptation des exploitations familiales, ce n’est pas de la charité, c’est l’assurance pour la sécurité alimentaire des communautés  rurales. Chaque soutien financier direct  aux paysans face au chaos climatique est un rempart contre la faim  », a déclaré le président du ROPPA Ibrahima Coulibaly.

Il a dénoncé le fait que  les gouvernements peinent à allouer aux exploitations familiales des financements conséquents et préfèrent les orienter vers des projets budgétivores aux antipodes des réalités et des besoins alimentaires de la Région, malgré l’urgence climatique.

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« Le temps des annonces et promesses est révolu. Il est urgent de passer véritablement au financement massif et direct des paysans  et paysannes pour renforcer la résilience de leurs systèmes  de production. C’est notre seule chance de continuer à nourrir les communautés de demain », a-t-il ajouté.

Pour lui, le financement des petits producteurs pourra résoudre la question de la sécurité de la zone ouest-africaine en mettant fin aux inégalités, en favorisant leur épanouissement, réduisant ainsi le risque d’appartenir à des groupes armées.

 

Investir dans l’adaptation des exploitations agricoles en Afrique de l’Ouest impacte l’Europe

 

Le Rapport démontre qu’investir dans l’adaptation des exploitions agricoles en Afrique de l’Ouest présente des avantages  qui impacte l’Europe. En effet l’industrie européenne du chocolat qui dépend presque entièrement du cacao produit par les petits producteurs d’Afrique de l’ouest pèse 50 milliards de dollars US et emploie 300 000 personnes.

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Pour le ROPPA, seulement 11 milliards de dollars US par an sont nécessaires pour couvrir les coûts d’adaptation des Exploitations Familiales agricoles d’Afrique de l’Ouest et pour les protéger ainsi des effets des changements climatiques. Pour financer ces petits producteurs.  Le Rapport propose la réorientation des subventions agricoles nuisibles  vers des usages résilients, la réforme des institutions financières internationales, la justice fiscale et la mobilisation des ressources nationales.

Le président du Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs de l’Afrique de l’Ouest s’est réjoui de la mobilisation des participants et a invité les journalistes à faire écho des conclusions de ce rapport auprès des différentes entités.

 

Mireille Yapo