Le Gabon prévoit d’interdire les importations de poulet de chair à partir du 1er janvier 2027 afin de renforcer sa production avicole locale et de réduire sa dépendance aux produits étrangers. Cette décision suscite toutefois déjà des réactions de la part de partenaires commerciaux, notamment les États-Unis.
Lors de sa réunion du 18 septembre dernier, le Conseil des ministres gabonais a indiqué que Washington avait interpellé Libreville au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au sujet de cette interdiction. Les autorités n’ont pas précisé la nature exacte de la démarche américaine ni les arguments avancés, mais elles souhaitent anticiper d’éventuelles tensions commerciales. Le gouvernement prévoit ainsi d’élaborer une stratégie reposant sur les exceptions prévues par les accords de l’OMC ainsi que sur la négociation diplomatique.
La réaction américaine intervient alors que les exportations de volaille des États-Unis vers le Gabon restent limitées par rapport aux volumes totaux exportés par le pays. En 2025, les États-Unis auraient exporté environ 3,2 millions de tonnes de viandes et abats de volaille, pour une valeur proche de 4,7 milliards de dollar, près de 2 683 milliards de FCFA. Le Gabon aurait importé environ 9 600 tonnes de ces produits américains, pour près de 12 millions de dollars, environ 6,85 milliards de FCFA.
Pour Libreville, l’interdiction vise surtout à donner davantage de débouchés aux producteurs locaux, à stimuler les investissements dans la filière avicole et à réduire la dépendance aux importations. Le marché gabonais reste en effet fortement approvisionné par l’étranger. En 2025, le pays aurait importé environ 104 000 tonnes de viandes et abats de volailles. Le Brésil en aurait fourni près de 54 000 tonnes, soit environ 52 % des volumes, tandis que les pays de l’Union européenne auraient représenté environ 23 000 tonnes.
Cette décision intervient également dans un contexte de renforcement des investissements dans la filière avicole gabonaise. Le 4 mai dernier, les autorités ont annoncé cinq conventions représentant plus de 775 milliards de FCFA, soit environ 1,35 milliard de dollars, avec des investisseurs gabonais et étrangers pour développer notamment les capacités de production avicole et agro-industrielle. Parmi les partenaires cités figurent le groupe turc Hakan Kiran Holding et le groupe gabonais NJS.
La question de l’accès aux marchés africains constitue par ailleurs un enjeu plus large pour les exportateurs américains de produits carnés. Le 1er juin 2026, la Fédération américaine des exportateurs de viande avait appelé le Bureau du représentant américain au commerce à renforcer l’utilisation de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) afin d’améliorer l’accès de certains produits américains aux marchés africains.
À l’approche de 2027, le Gabon devra donc augmenter suffisamment sa production avicole pour répondre à la demande intérieure tout en prenant en compte les éventuelles conséquences commerciales liées à la réduction des importations de poulet, d’prés agenceecofin.com.
Par Amy. SANGARE
