Une cinquantaine de juristes français demandent la fin de l’élevage intensif. Dans une tribune publiée le 4 octobre 2026 par Reporterre, ils dénoncent des pratiques qu’ils jugent incompatibles avec les obligations légales relatives au bien-être animal.
Les signataires rappellent que la législation française reconnaît depuis 1976 les animaux comme des êtres sensibles. L’article L214 du Code rural prévoit notamment que leurs propriétaires doivent leur garantir des conditions de vie adaptées aux besoins biologiques de leur espèce.
Selon les juristes, les conditions imposées dans certains élevages intensifs ne permettent pas de respecter ces exigences. Les animaux seraient notamment privés de la possibilité de se déplacer normalement, d’explorer leur environnement ou encore de vivre avec leurs congénères.
Des atteintes au bien-être animal
D’après rfi.fr, La tribune s’appuie également sur les travaux de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Celle-ci estime que certaines pratiques d’élevage intensif compromettent plusieurs besoins fondamentaux des animaux.
Les signataires citent notamment le cas des porcelets, dont 99 % auraient la queue coupée sans anesthésie. Ils évoquent également la séparation des veaux de leur mère dès la naissance, une pratique qui concernerait 94 % d’entre eux.
Chez les poulets reproducteurs, le rationnement alimentaire est également présenté comme une pratique problématique, puisqu’il est appliqué afin de contrôler leur croissance et leur reproduction.
Pour les auteurs de la tribune, ces pratiques témoignent des limites du modèle intensif et soulèvent des questions sur le respect de la réglementation française. Ils appellent donc à mettre progressivement fin à ce type d’élevage et à renforcer la prise en compte du bien-être animal.
Pour eux, le respect des règles de protection animale ne relève pas seulement d’un choix éthique : il constitue également une obligation prévue par la loi.
Par Amy SANGARE
