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Cameroun / six métaux lourds retrouvés dans des produits avicoles

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six métaux lourds retrouvés dans des produits avicoles

Une étude menée par des chercheurs camerounais a révélé la présence de six métaux lourds dans des échantillons de poulets de chair et d’œufs provenant d’élevages situés dans les régions du Centre, du Littoral et de l’Ouest. Les analyses ont notamment détecté du plomb, du nickel, de l’arsenic, du cadmium, du chrome et du mercure.

Publiée le 1er septembre 2026, l’étude a été conduite par des chercheurs de l’Université de Yaoundé I et de l’Institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales, sous la direction de Fabrice De Paul Tatfo Keutchatang.

Pour leurs travaux, les chercheurs ont prélevé 48 poulets et 180 œufs dans 12 élevages, soit quatre exploitations par région. Les analyses ont ensuite porté sur 18 échantillons composites, comprenant six échantillons de muscles, six de foies et six d’œufs.

Les résultats mettent particulièrement en évidence des concentrations élevées de mercure dans les foies de poulets. Elles se situent entre 798,3 et 845,5 microgrammes par kilogramme (µg/kg), contre 1,4 à 2,3 µg/kg dans les muscles et 3,3 à 3,6 µg/kg dans les œufs.

Le chrome a également été détecté à des niveaux compris entre 53,7 et 60,4 µg/kg dans les muscles et entre 13,7 et 15 µg/kg dans les foies. Concernant le cadmium, les concentrations atteignent 27,3 à 29,6 µg/kg dans les muscles, 2,6 à 3,9 µg/kg dans les foies et 9,2 à 9,9 µg/kg dans les œufs.

Selon les valeurs de référence retenues par les chercheurs, certains niveaux mesurés dépassent les seuils utilisés dans l’étude. Le mercure dans les foies atteint ainsi jusqu’à 281,8 fois la valeur de référence retenue, tandis que le chrome et le cadmium présentent également des dépassements dans certains échantillons.

Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. L’étude ne permet pas d’affirmer que l’ensemble de la production avicole camerounaise est concerné. Le nombre d’élevages et d’échantillons analysés reste limité et ne permet pas d’établir la proportion de produits potentiellement contaminés à l’échelle des trois régions ou du pays.

Les chercheurs soulignent également la nécessité de poursuivre les contrôles sur les aliments destinés aux volailles, l’eau et l’environnement des élevages. Une précédente étude réalisée par la même équipe sur 15 échantillons d’aliments pour volailles avait déjà relevé la présence de plomb et d’arsenic à des concentrations importantes.

Cependant, ces résultats ne permettent pas d’établir un lien direct entre les aliments pour volailles et les métaux lourds retrouvés dans les poulets et les œufs analysés dans la nouvelle étude.

Cette question revêt un enjeu important pour la filière avicole camerounaise. Selon les données du ministère de l’Élevage pour 2023, le pays avait produit environ 65 000 tonnes de viande de volaille et 123 000 tonnes d’œufs de table.

Les auteurs appellent ainsi à renforcer les contrôles et la surveillance de la filière. Des analyses complémentaires et menées sur des échantillons plus représentatifs seraient nécessaires pour déterminer l’ampleur réelle du phénomène et mieux identifier les éventuelles sources de contamination.

L’étude met donc en évidence la présence de plusieurs métaux lourds dans les échantillons analysés, sans pour autant permettre de conclure à une contamination généralisée de la production avicole camerounaise, d’après investiraucameroun.com.

 

Par Amy. SANGARE

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