Le ministère ivoirien des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH) et l’Alliance pour le Biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre (AB-AOC) ont présenté la technologie du biodigesteur aux professionnels des médias, le lundi 21 septembre 2026 lors d’un déjeuner de presse.
Cette rencontre, qui constitue une étape importante du Mois du Biodigesteur 2026, avait pour objectif de renforcer l’information et la sensibilisation des médias sur cette technologie et de favoriser leur mobilisation pour sa promotion en Côte d’Ivoire.
Mme Yameogo Sylvie, Account Manager de l’AB-AOC pour la Côte d’Ivoire, a présenté le biodigesteur comme une technologie permettant de transformer les déchets organiques, notamment le fumier, les résidus agricoles et les eaux usées, en deux ressources, le biogaz et le digestat.
Le biogaz est une source d’énergie propre, riche en méthane, utilisable pour la cuisson et l’éclairage. Il contribue à améliorer l’accès à l’énergie, à accroître la couverture des besoins énergétiques et à réduire les charges et dépenses énergétiques des ménages.
Le digestat, quant à lui, est un biofertilisant organique qui contribue à la régénération des sols agricoles. Il peut aussi servir de matière première pour la fabrication de pesticides, de complément alimentaire pour le bétail et de fertilisant pour favoriser le développement du phytoplancton en pisciculture.
En Côte d’Ivoire, le coût d’installation d’un biodigesteur varie entre 600 000 et 70 millions de FCFA, selon les caractéristiques et la capacité de l’installation. Selon Mme Yameogo, des politiques sont en cours afin de faciliter l’accès des ménages à cette technologie.
Le MIRAH invite les médias à s’impliquer dans la promotion du biodigesteur
Représentant le ministre des Ressources Animales et Halieutiques, Sidi Touré, le Dr Dagnogo Komissiri, conseiller technique chargé des productions animales au MIRAH, a insisté sur le rôle des médias dans la sensibilisation des populations à l’utilisation des biodigesteurs.
« Pour un pays à vocation agricole comme la Côte d’Ivoire, la technologie du biodigesteur présente un intérêt particulier dans la mesure où elle permet une gestion plus efficace des déchets organiques », a-t-il souligné.
Selon lui, au-delà de la gestion des déchets, cette technologie contribue également à améliorer l’accès à l’énergie des populations rurales et à mettre à leur disposition des engrais organiques.
« Le biodigesteur est bien plus qu’une technologie de production d’énergie. Il constitue une véritable solution intégrée de valorisation des déchets organiques, notamment des déjections animales », a-t-il déclaré.
Le biodigesteur est une réponse à plusieurs défis
Pour le secrétaire exécutif de l’AB-AOC, Dr Morima Moussa, le biodigesteur constitue une réponse à plusieurs défis auxquels sont confrontés les pays de la région.
« Face aux défis majeurs de la sécurité énergétique, de la dégradation des terres, de la pression sur les ressources forestières, de l’insécurité alimentaire, de la gestion des déchets organiques et de l’autonomisation des ménages ruraux, le biodigesteur est une réponse intégrée capable de produire simultanément du biogaz et du digestat », a-t-il expliqué.
Il a également présenté les principales missions de l’AB-AOC, qui consistent en effet à faciliter le dialogue politique, apporter des appuis techniques, mobiliser des financements, renforcer les capacités des acteurs et favoriser le partage d’expériences entre les pays membres.
Créée en 2018 par les États d’Afrique de l’Ouest et du Centre, l’AB-AOC est une organisation intergouvernementale qui œuvre à structurer, développer et pérenniser le marché du biodigesteur dans la région. Elle réunit 8 pays dont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Sénégal et le Togo.
À l’issue des différentes interventions, une série de questions-réponses a permis aux professionnels des médias d’obtenir des éclaircissements sur les aspects techniques, économiques, institutionnels et environnementaux liés à la technologie du biodigesteur.
Sandrine KOUADJO
