Benin/ Lancement du salon-expo avicole 2026

Elevage d'Afrique Info
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L'aviculture face à la souveraineté alimentaire des pays

Le Palais des Congrès de Cotonou a accueilli, jeudi 25 juin, la cérémonie officielle de lancement de la première édition du Salon-Expo Avicole du Bénin (SAB 2026). Organisé du 25 au 27 juin autour du thème « L’aviculture face à la souveraineté alimentaire des pays », ce rendez-vous réunit des responsables politiques, des producteurs, des chercheurs, des investisseurs, des partenaires Techniques et financiers ainsi que plusieurs délégations étrangères.

À travers ce salon, le Bénin veut bâtir une véritable industrie avicole nationale et moderne afin de réduire sa forte dépendance aux importations et faire de l’aviculture un moteur de la souveraineté alimentaire et du développement économique.

Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yéton Bloukounon Goubalan, a reconnu les progrès réalisés par les éleveurs béninois ces dernières années. Les investissements consentis ont permis d’augmenter la production nationale de viande de volaille et d’œufs. Malgré ces avancées, le pays importe encore une grande quantité de produits avicoles.

« Notre marché demeure encore fortement dépendant des importations de produits avicoles », a déclaré le ministre. Pour changer cette situation, il a expliqué que le pays doit aller au-delà de la simple production. « Il nous faut bâtir une véritable industrie avicole », a-t-il affirmé.

Le ministre a présenté la vision du gouvernement pour développer l’aviculture. Cette stratégie prévoit une forte augmentation de la production de maïs et de soja destinés à l’alimentation des volailles. Elle prévoit aussi le développement de la production locale de poussins d’un jour, la création d’usines d’aliments pour animaux, la construction d’abattoirs modernes, le renforcement des unités de transformation et l’amélioration des infrastructures de conservation.

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Selon lui, cette transformation permettra au Bénin de réduire progressivement les importations et de produire davantage de protéines animales. « Aucun pays ne peut prétendre à sa souveraineté alimentaire sans progresser vers sa souveraineté protéique », a-t-il déclaré devant les participants.

Le ministre a également insisté sur l’importance de la collaboration entre tous les acteurs. Pour lui, l’État ne pourra pas réussir seul. Les producteurs, les entreprises privées, les chercheurs, les banques, les organisations professionnelles et les partenaires techniques devront travailler ensemble. « Cette ambition ne pourra être portée ni par l’État seul, ni par un seul producteur », a-t-il souligné.

Le Royaume du Maroc, invité d’honneur de cette première édition, accompagne déjà le Bénin dans plusieurs projets agricoles. Le ministre marocain de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, a salué cette initiative qui, selon lui, montre la volonté des pays africains de construire une agriculture plus forte.

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« Ce salon traduit une vision, celle d’une agriculture africaine qui investit, qui innove et qui crée davantage de valeur sur notre continent », a-t-il déclaré.

Le ministre marocain a rappelé que la réussite de son pays est le résultat d’investissements importants, d’une bonne organisation des professionnels et d’une coopération étroite entre l’État et le secteur privé. Il a réaffirmé la disponibilité du Maroc à poursuivre son accompagnement du Bénin dans les domaines de la formation, de la santé animale, de la recherche et de l’innovation.

Le commissaire général du Salon-Expo Avicole du Bénin, Blaise Sèton, a rappelé que ce salon est né d’une ambition simple : offrir à tous les acteurs de la filière un espace de rencontres, de partage d’expériences et de développement des affaires.

« Le Salon-Expo Avicole du Bénin ne se limite pas à une exposition de produits, d’équipements ou de technologies », a-t-il expliqué. Selon lui, cette première édition doit surtout permettre de créer des partenariats solides et de favoriser les investissements au profit de la filière avicole.

Pendant trois jours, des conférences, des formations, des expositions et des rencontres d’affaires permettront aux producteurs, aux entreprises et aux investisseurs de découvrir les nouvelles technologies et les bonnes pratiques pour développer la production locale.

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Lors d’une communication technique, le directeur de l’Élevage au ministère de l’Agriculture, le Dr Yao Akpo, a présenté la situation actuelle de l’aviculture béninoise. Chaque habitant consomme en moyenne seulement 27 œufs par an, alors que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) recommande 54 œufs. En 2025, le Bénin a importé plus de 87 000 tonnes de viande de volaille, pour une valeur d’environ 160 milliards de francs CFA.

Pour inverser cette tendance, plusieurs programmes sont déjà en cours. Ils prévoient la mise à disposition de poussins d’un jour à prix réduit, d’aliments et de vaccins subventionnés, la création de douze fermes-écoles, la formation de deux mille jeunes aviculteurs d’ici à 2030, la construction d’abattoirs modernes et le renforcement des services vétérinaires.

À travers cet événement phare, le Bénin affiche clairement ses ambitions bâtir une industrie avicole moderne, générer des emplois locaux, attirer les investisseurs étrangers et réduire progressivement sa dépendance aux importations. Au-delà des frontières nationales, cette première édition du SAB marque également un tournant géopolitique. Elle ouvre une nouvelle ère de coopération entre nations africaines, scellant une alliance stratégique pour renforcer durablement la souveraineté alimentaire de tout le continent.

 

SOURCE : LE RURAL

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