Ripaille, Gade Gui et l’Africaine de Production Animale, trois entreprises sénégalaises du secteur avicole, ont bénéficié d’un financement global de 450 milliards de FCFA entre novembre 2025 et juin 2026. Ces investissements institutionnels significatifs permettent à cette filière, longtemps restée dans l’informel, de s’industrialiser.
Selon affairesetentreprises.ci, la Ripaille, entreprise avicole intégrée implantée à Keur Moussa, a bénéficié d’un financement de 1,3 milliard de FCFA, soit environ 2,25 millions de dollars à travers un accord avec Oyass Capital sous-fonds du Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS), le 25 juin dernier. Cet investissement permettra d’étendre son modèle intégré, associant l’élevage de poules pondeuses, la poussinière, la fabrication d’aliments, l’abattage, la commercialisation et le développement de capacités de reproduction destinées à réduire les importations d’œufs à couver.
En novembre 2025, l’entreprise agroalimentaire Gade Gui obtenait un financement de 2,5 milliards de FCFA, soit 4,3 millions de dollars, auprès de Proparco, destiné à la construction et à l’exploitation d’une ferme moderne de poules pondeuses intégrant l’élevage, le tri et le conditionnement des œufs, dont la capacité productive devrait atteindre plus de 80 millions d’œufs par an.
L’Africaine de Production Animale (APRAN), également active dans la filière avicole, a aussi bénéficié d’un important prêt de 5,4 millions de dollars, soit plus de 3 milliards de FCFA, auprès de la Société financière internationale (SFI). Ce montant permettra à l’entreprise de renforcer sa production d’aliments pour animaux, ses activités d’élevage de poulets de chair ainsi que celles de reproducteurs.
La filière avicole sénégalaise s’industrialise grâce à un financement de 450 milliards de FCFA
Ces investissements, estimés à 450 milliards de FCFA, soit 768 600 dollars, permettront à la filière avicole locale de rebondir après une stagnation due à l’épizootie de grippe aviaire de 2005.
Les autorités sénégalaises prévoient de multiplier ces actions en faveur des entreprises du secteur afin de dynamiser la production avicole locale.
La consommation intérieure dynamise par ailleurs ce marché captif : l’Interprofession avicole du Sénégal (IPAS) estime que la consommation de viande de poulet progresse de 8 à 10 % par an. Depuis 2005, la production nationale de viande de poulet a été multipliée par plus de cinq, passant de 29 042 tonnes à 159 502 tonnes en 2024 selon la FAO, a rapporté affairesetentreprises.ci.
Sandrine KOUADJO



