Près de 700 éleveurs regroupés au sein de six coopératives devraient bénéficier de 575,03 millions de FCFA pour développer leurs activités d’élevage ovin au Sénégal. Le dispositif associe le Fonds d’Appui à la Stabulation (FONSTAB), Heifer International Sénégal et plusieurs acteurs de la formation et du financement.
Présentée dans une tribune publiée le 2 octobre 2026 par iGFM, cette initiative vise à répondre aux difficultés d’accès au financement qui limitent le développement de la filière ovine. Selon l’administratrice du FONSTAB, Fatoumata Diop Bakhoum Diouf, et le directeur national de Heifer International Sénégal, Dr Daouda Ndao, le Sénégal doit encore réduire sa dépendance aux importations pour couvrir les besoins du marché national.
Pour la Tabaski 2026, les besoins sont estimés à environ 860 000 moutons, alors que les importations devraient atteindre entre 250 000 et 300 000 têtes. En 2024, le pays avait déjà importé 297 488 moutons.
Le financement constitue ainsi un enjeu majeur pour les producteurs. Les auteurs de la tribune soulignent que l’accès aux crédits reste difficile, notamment en raison des cycles de production, des risques sanitaires et climatiques et des besoins de trésorerie. Les activités d’élevage sont également perçues comme relativement risquées par les établissements financiers.
Dans ce contexte, le FONSTAB intervient à travers des mécanismes de garantie, de bonification et de crédit, ainsi que par l’accompagnement des projets. Heifer International Sénégal contribue, de son côté, à la structuration des producteurs en coopératives, à l’élaboration des plans d’affaires et au renforcement de leurs compétences techniques et financières.
Sur l’enveloppe de 575,03 millions de FCFA, 421,75 millions doivent être facilités par Heifer International Sénégal au profit de quatre coopératives. Les plans d’affaires concernent 559 exploitations et prévoient la création d’autant d’emplois permanents. Les activités envisagées portent notamment sur la reproduction ovine et l’embouche.
Cette action s’inscrit dans le cadre de l’Initiative des Maires pour l’Autosuffisance en Moutons (IMAM2), qui a impliqué 189 municipalités, accompagné 959 groupements d’entraide et contribué à la création de 30 coopératives dans dix régions.
Le Sénégal entend également renforcer durablement sa production ovine. Un programme gouvernemental prévoit le financement de 4 415 projets d’élevage, la constitution d’un noyau reproducteur de 31 000 brebis en moyenne par an et la production de 300 000 moutons supplémentaires chaque année à l’horizon 2030. L’ensemble est associé à une enveloppe de 60 milliards de FCFA mobilisée auprès des secteurs public et privé.
Selon seneplus.com, Pour les responsables du FONSTAB et de Heifer International Sénégal, le financement doit toutefois être accompagné d’un appui technique. L’alimentation, la production fourragère, la santé animale, la biosécurité, la gestion, la commercialisation et l’assurance sont notamment considérées comme essentielles pour sécuriser les investissements.
À travers la structuration en coopératives, les producteurs peuvent également améliorer leur accès aux marchés, mutualiser certains achats et renforcer leur crédibilité auprès des institutions financières. L’objectif est ainsi de transformer les financements en exploitations viables, capables de produire davantage, de générer des revenus et de réduire progressivement la dépendance du Sénégal aux importations de moutons.
Par Amy SANGARE
