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Sénégal / la pisciculture intégrée aux rizières pour lutter contre la bilharziose

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La pisciculture intégrée aux rizières pour lutter contre la bilharziose

Au Sénégal, des chercheurs expérimentent une méthode innovante qui associe la production de riz à l’élevage de poissons afin de lutter contre la bilharziose. Dans la basse vallée du fleuve Sénégal, cette approche permet à la fois de réduire la présence des escargots responsables de la transmission de la maladie et d’améliorer les performances des exploitations rizicoles.

À Lampsar, dans la région de Saint-Louis, plus de 40 producteurs issus de plusieurs villages participent à cette expérimentation. Le projet repose sur l’introduction de poissons dans les parcelles de riz, une pratique encore peu courante dans cette zone pourtant traditionnellement tournée vers la pêche et la riziculture.

La bilharziose constitue un problème important de santé publique dans la région. Cette maladie parasitaire se transmet notamment lors de contacts avec des eaux douces contaminées. Les escargots aquatiques jouent un rôle essentiel dans son développement, notamment dans les zones de riziculture où leur présence est fréquente.

Pour agir sur ce cycle, les scientifiques ont introduit deux espèces de poissons dans les rizières : le tilapia du Nil et l’Heterotis niloticus, appelé « ndiéguel » en wolof. En se nourrissant des escargots, l’Heterotis contribue à limiter leur présence, tandis que les déjections des poissons enrichissent naturellement les parcelles et favorisent la croissance du riz.

Les premiers résultats sont encourageants. Selon les données de l’étude, les parcelles intégrant des poissons ont enregistré une hausse de 25 % du rendement en riz. Les producteurs bénéficient également d’une nouvelle source de revenus grâce à la vente des poissons récoltés.

Pour les agriculteurs participants, les effets sont déjà visibles. Certains affirment que leurs rizières sont plus verdoyantes et que les déjections des poissons constituent un véritable fertilisant naturel. Les revenus supplémentaires leur permettent également d’investir dans d’autres activités d’élevage, notamment la production de moutons et de volailles.

Cette expérience présente ainsi plusieurs avantages : amélioration de la production rizicole, développement de la pisciculture, diversification des revenus et contribution à la lutte contre une maladie qui touche particulièrement les populations vivant au contact des eaux douces.

Les chercheurs souhaitent désormais poursuivre les essais dans des conditions contrôlées afin d’évaluer les possibilités d’adaptation de cette technique à d’autres régions africaines. Si les résultats se confirment, ce modèle de riziculture associée à la pisciculture pourrait constituer une solution intéressante pour renforcer la sécurité alimentaire et développer des systèmes agricoles plus durables, rapporté par france24.com/Fr.

 

Par Amy. SANGARE

 

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