Mortalité des poussins / Les erreurs des sept premiers jours qui peuvent ruiner un élevage

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À l’arrivée des poussins, chaque heure compte. Une poussinière froide, une eau difficile d’accès, une litière humide ou une ventilation mal réglée peuvent transformer un investissement prometteur en série de pertes. Pourtant, quelques contrôles simples permettent souvent d’agir avant que la mortalité ne s’emballe.

Quand les cartons s’ouvrent, l’éleveur ne devrait pas seulement compter les poussins. Il doit regarder leur état et noter le couvoir, le numéro du lot, l’heure d’arrivée et les vaccinations déclarées. Des sujets de bonne qualité sont actifs, réactifs, secs et duveteux, avec des yeux clairs, des pattes bien formées et un nombril cicatrisé. Des poussins faibles, déshydratés, au duvet collant ou au nombril mal fermé peuvent signaler un problème au couvoir ou pendant le transport.

Préparer la poussinière avant leur arrivée

Le bâtiment doit être nettoyé, désinfecté et chauffé à l’avance. Pour les poulets de chair Ross, le guide technique 2025 donne comme repères environ 30 °C à hauteur des poussins en chauffage d’ambiance, 32 °C au bord de l’éleveuse et 28 à 30 °C au sol. Ces valeurs doivent être adaptées à la souche, au logement, à l’humidité et au climat.

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Le comportement complète le thermomètre : des poussins uniformément répartis et calmes sont généralement confortables. Regroupés sous la source de chaleur, ils ont probablement froid. Éloignés de celle-ci, ailes écartées et bec ouvert, ils ont trop chaud.

Eau et aliment : ne pas perdre les premières heures

L’eau propre et l’aliment de démarrage doivent être disponibles immédiatement. Les abreuvoirs et mangeoires doivent être visibles, accessibles et assez nombreux.

Chez les poulets de chair Ross, plus de 95 % des poussins devraient avoir le jabot plein dans les 24 heures. Un jabot souple et arrondi indique qu’ils ont trouvé l’eau et l’aliment. Un jabot vide ou dur impose de vérifier sans attendre la température, l’éclairage, les équipements, la qualité de l’eau et l’accès à la ration. Ce pourcentage est un repère technique de conduite, et non une norme universelle pour toutes les races et tous les systèmes.

Ventiler sans refroidir

L’air doit être renouvelé sans courant d’air direct afin d’évacuer l’humidité, les poussières et les gaz. La litière doit rester sèche, meuble et non contaminée. Une forte odeur d’ammoniac, des yeux irrités, des poussins regroupés dans un coin ou une litière mouillée sont des alertes.

Mains et chaussures propres, matériel réservé au bâtiment, visiteurs limités et lutte contre les rongeurs et les oiseaux sauvages réduisent les introductions d’agents pathogènes. Face aux coupures d’électricité ou aux pénuries d’eau, une solution de chauffage de secours, une réserve d’eau et un plan de ventilation d’urgence sont indispensables.

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Toutes les morts ne sont pas infectieuses

Le froid, la surchauffe, la déshydratation, le manque d’aliment, l’étouffement par entassement, un transport difficile ou une mauvaise qualité initiale peuvent tuer les poussins.

Parmi les causes infectieuses précoces, l’omphalite, infection du nombril ou du sac vitellin, est particulièrement importante. Les poussins deviennent abattus, mangent peu, grossissent mal et peuvent présenter un nombril humide ou enflammé. La pullorose, la colibacillose et d’autres septicémies doivent également être envisagées par le vétérinaire. Les recherches montrent que la mortalité de première semaine est multifactorielle : qualité du poussin, âge des reproducteurs, couvoir, transport, saison, bâtiment et conduite d’élevage peuvent tous intervenir.

À quel moment appeler le vétérinaire ?

Chaque jour, l’éleveur doit enregistrer les morts, les éliminations sanitaires, la consommation d’eau et d’aliment, la température et les anomalies observées.

Une hausse inattendue de la mortalité, des décès groupés, une diarrhée importante, une détresse respiratoire, des signes nerveux ou de nombreux nombrils anormaux exigent rapidement un avis vétérinaire et, si nécessaire, des prélèvements ou des nécropsies. Distribuer des antibiotiques « au cas où » peut être inefficace et contribue au mauvais usage des antimicrobiens. Tout traitement doit reposer sur un diagnostic, une prescription et la réglementation nationale.

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Les sept premiers jours ne se gèrent pas à distance. Ils se gagnent par la présence : entrer calmement dans la poussinière, écouter, sentir, observer la répartition des poussins et corriger immédiatement ce qui ne va pas. Sauver quelques poussins aujourd’hui, c’est préserver le revenu, la confiance et la prochaine bande de l’éleveur.

Repère normatif à conserver

La Stratégie pour le bien-être animal en Afrique, adoptée en 2017, fournit le cadre continental porté par l’AU-IBAR et mis en œuvre avec l’appui de la Plateforme africaine pour le bien-être animal. Elle encourage des pratiques adaptées aux réalités africaines, en cohérence avec les standards internationaux.

Le chapitre 7.10 du Code sanitaire pour les animaux terrestres de l’OMSA constitue la principale référence internationale pour le bien-être des poulets de chair commerciaux, de leur arrivée à la ferme jusqu’à leur enlèvement. Son champ formel n’inclut pas les volailles villageoises ou de basse-cour. Pour ces systèmes, les mêmes principes de santé, d’alimentation, de protection thermique et de biosécurité restent utiles, mais doivent être adaptés avec les services vétérinaires et conformément à la législation du pays.

Le guide Ross 2025 apporte des repères zootechniques de filière. Il ne remplace ni les normes de l’OMSA, ni les prescriptions vétérinaires, ni les programmes sanitaires nationaux.

Source : Africavet

 

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