Aviculture / La filière avicole béninoise fragilisée par les importations de poulet congelé

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filière avicole béninoise

La forte dépendance du marché béninois envers les importations de poulet congelé fragilise la filière avicole locale, limite la compétitivité de toute sa chaîne de valeur et freine la création d’emplois.

Le marché béninois sous forte dépendance des importations

Au Bénin, la majorité du poulet consommé est importée. Face à une production locale insuffisante pour couvrir les besoins des consommateurs, le marché dépend fortement des produits congelés venus de l’étranger, notamment du Brésil. Alors qu’en 2025, les exportations brésiliennes de poulet vers l’Afrique ont franchi le cap du million de tonnes, quel impact cela pourrait-il avoir sur l’économie béninoise ?

La majorité des poulets consommés par la population béninoise sont des poulets congelés. Selon un rapport de l’Observatoire du commerce, de l’industrie et des services (OCIS) de la CCI Bénin publié en janvier 2025, le pays a importé, en 2022, près de 132 677 tonnes de viandes et d’abats de volaille pour une valeur de 68,6 milliards de FCFA. La production nationale de viande de volaille s’est établie à 9 675 tonnes la même année. Ainsi, 93 % des besoins nationaux étaient couverts par les importations, contre seulement 7 % par la production locale. Ces chiffres illustrent la forte dépendance du marché béninois vis-à-vis de l’extérieur.

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Le poulet congelé séduit par son coût

Pour Thérèse ZANNOU, restauratrice à Godomey depuis plus de quatre ans, le poulet congelé est apprécié par ses clients en raison de son prix abordable et de la taille de ses morceaux. Vendu entre 2 500 et 3 000 FCFA, il lui permet aussi de réaliser davantage de bénéfices. « Lorsqu’on propose du poulet local, beaucoup de clients trouvent le prix élevé. Avec le poulet congelé, ils achètent plus facilement », explique-t-elle.

Face aux difficultés d’accès au financement, au coût élevé des aliments pour bétail et à des infrastructures insuffisantes, la filière avicole béninoise peine à rivaliser avec les produits importés. Une étude scientifique relayée par l’ADPME Bénin le 27 février 2026 souligne que les importations de poulet congelé concurrencent fortement la production locale, plus coûteuse.

Une dépendance aux multiples répercussions

Selon le rapport annuel 2026 de l’Association brésilienne des protéines animales (ABPA), les exportations de poulet du Brésil vers l’Afrique ont atteint 1,163 million de tonnes en 2025, soit une hausse de 20,3 % par rapport à 2024 et une progression de près de 76 % depuis 2021. Cette montée en puissance du géant sud-américain pourrait freiner davantage les investissements dans l’aviculture béninoise.

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Les répercussions ne se limiteraient pas aux seuls éleveurs. Les producteurs béninois de maïs et de soja, qui fournissent les principales matières premières utilisées dans l’alimentation des volailles, pourraient voir leurs débouchés diminuer. Les fabricants d’aliments pour bétail, les couvoirs, les pharmacies vétérinaires, les transporteurs, les abattoirs et les entreprises de conservation frigorifique risqueraient également de subir les conséquences d’une production locale insuffisamment développée.

Une étude scientifique relayée le 27 février 2026 par l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises (ADPME Bénin) souligne d’ailleurs que les importations de poulet congelé figurent parmi les principaux facteurs qui limitent la compétitivité de la filière avicole nationale. Les chercheurs mettent notamment en avant les coûts élevés de production et les difficultés d’accès au financement auxquels sont confrontés les acteurs locaux.

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La filière avicole béninoise fragilisée par les importations de poulet congelé

À plus long terme, cette dépendance pourrait aussi rendre le Bénin plus vulnérable aux chocs extérieurs. Une flambée des prix internationaux, une crise sanitaire ou une perturbation des échanges commerciaux pourraient rapidement affecter l’approvisionnement du marché béninois et entraîner une hausse des prix pour les consommateurs.

Dans plusieurs analyses consacrées aux économies africaines dépendantes des importations alimentaires, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) rappelle que cette situation réduit la résilience économique des pays et limite leur capacité à créer des emplois, de la richesse et de la valeur ajoutée sur leur propre territoire.

En d’autres termes, plus le poulet consommé au Bénin proviendra de l’étranger, plus les emplois, les revenus et les opportunités d’investissement liés à cette activité continueront d’être créés hors des frontières nationales. L’enjeu pour le pays ne consiste donc pas seulement à nourrir les consommateurs à moindre coût, mais également à construire une filière avicole capable de contribuer davantage à la croissance économique et à la création d’emplois.

Source : Le Rural Bénin

 

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