Renforcer la sécurité sanitaire des aliments d’origine animale, tel est l’objectif qui a motivé un jumelage stratégique entre la Côte d’Ivoire et l’Union européenne. Cette coopération a été marquée lors d’une cérémonie officielle tenue le mercredi 3 juin 2026 à Abidjan.
Financée par l’Union européenne (UE) à hauteur de 22 millions d’euros (environ 15 milliards de FCFA), cette coopération s’inscrit dans le cadre du Programme d’Appui aux Systèmes Sylvicoles et Agroalimentaires Durables en Côte d’Ivoire (PASSAD). Elle vise notamment à accompagner la réforme progressive du système ivoirien de contrôle sanitaire des denrées animales et d’origine animale (DAOA), conformément aux standards internationaux de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA).
Afin de transformer durablement le secteur, ce jumelage sera structuré autour de trois volets. Le premier consiste en la modernisation du cadre législatif et réglementaire. Le second porte sur la modernisation des services vétérinaires. Le troisième, quant à lui, concerne le renforcement des capacités des acteurs, le tout sur une période de 30 mois. Il mobilisera l’ensemble des acteurs publics et privés de la chaîne alimentaire (producteurs, transformateurs, consommateurs, entre autres).
Ce jumelage, qui se positionne comme un dispositif de sécurité sanitaire, s’inscrit dans une dynamique de protection des consommateurs et de renforcement de la compétitivité du secteur ivoirien. Il s’agit en effet d’un échange de compétences et d’expertises entre les spécialistes de la santé animale de l’UE, notamment de la France, de l’Espagne et de l’Autriche.
« Ce jumelage est une étape clé qui touche concrètement la santé des aliments que nous retrouvons dans nos assiettes tous les jours et va nous permettre de mettre en lumière la sécurité alimentaire de façon générale, et plus particulièrement les questions liées à la sécurité des aliments d’origine animale », a affirmé la représentante de l’UE, Martina Borovac Pecarevic.
« 20 % de la production animale mondiale est perdue chaque année à cause des maladies animales »
L’importance de cette initiative a été renforcée par l’engagement du ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, qui a défendu, lors de sa récente participation à l’Assemblée générale de l’OMSA à Paris, une vision économique et stratégique de la santé animale en promouvant l’approche « Une seule santé », une démarche qui relie la santé humaine, la santé animale et les écosystèmes environnementaux.
En effet, la question de la santé animale s’inscrit également dans un contexte économique. Cette approche a été évoquée par le Dr Kallo Vessaly, directeur des Services vétérinaires et du Bien-être animal du ministère des Ressources animales et halieutiques, qui a souligné l’importance d’investir dans la sécurité sanitaire animale.
« Investir dans la sécurité animale, c’est investir dans la santé des consommateurs ; c’est aussi investir dans l’économie et la biodiversité. »
La directrice générale adjointe et cheffe des services vétérinaires de France, le Dr Marie-Christine Le Gal, a également insisté sur l’enjeu économique, en mettant particulièrement l’accent sur les défis à relever.
« Ce jumelage est un sujet majeur, car il existe un véritable défi pour l’ensemble des services vétérinaires. Avec l’intensification du commerce et des échanges, les maladies circulent de plus en plus entre les communautés, et il est essentiel de disposer de services vétérinaires formés pour y faire face. Vingt pour cent de la production animale mondiale est perdue chaque année à cause des maladies animales. Il est donc important de former les acteurs afin d’assurer le développement économique des communautés et des territoires. »
La Côte d’Ivoire est un acteur majeur du commerce international. Il est donc impératif pour le pays de s’aligner sur les standards internationaux en améliorant l’ensemble de son système de surveillance sanitaire.
Sandrine KOUADJO



