À Thiès, principal bassin avicole du Sénégal, les éleveurs font face à une crise persistante marquée par la hausse des coûts des intrants, les difficultés de commercialisation et le manque de poussins de qualité. Malgré une forte croissance du secteur depuis l’interdiction des importations de volailles en 2005, plusieurs exploitations des localités de Keur Madaro et Touba Peykouck sont aujourd’hui au bord de la faillite.
Dans cette zone des Niayes, réputée pour ses activités maraîchères et arboricoles, de nombreux aviculteurs peinent à maintenir leurs productions. Ndèye Diop, active dans le secteur depuis plus de vingt ans, explique avoir été contrainte de réduire son activité après d’importantes pertes enregistrées lors de la dernière Korité. Sur les 4000 poulets élevés pour répondre à la forte demande, elle n’a pas réussi à en écouler 3000, provoquant une suspension temporaire de ses activités.
Comme plusieurs producteurs, elle dénonce la hausse continue du prix des aliments pour volaille, l’instabilité du coût des poussins ainsi que la mortalité élevée dans les élevages. Une situation qui fragilise particulièrement les petits producteurs.
Selon le vétérinaire et aviculteur Pape Ali Diallo, la production nationale est passée de cinq millions de têtes en 2005 à plus de 60 millions aujourd’hui, grâce à l’essor de la filière après l’interdiction des importations de volailles. Toutefois, cette progression reste freinée par les coûts élevés des intrants, la pénurie de poussins destinés aux poules pondeuses et les maladies virales favorisées par la proximité des fermes.
La région de Thiès demeure néanmoins la première zone avicole du Sénégal, avec plus de 780 fermes recensées en 2022, selon une étude de la FAO. Malgré les difficultés, les acteurs du secteur gardent espoir et estiment que l’aviculture peut jouer un rôle majeur dans l’atteinte de la souveraineté alimentaire du pays, d’après APS.
Par AMINATA.S



