Le gouvernement nigérien suspend l’exportation du bétail afin de prioriser la consommation nationale en limitant les sorties massives de bétails vers les pays voisins et de freiner la hausse continue des prix de la viande.
La mesure, officialisée par un arrêté du ministre du Commerce, concerne bovins, ovins, caprins et camelins, dans plusieurs centres urbains du pays, notamment à Niamey, où le prix de la viande a connu une augmentation notable ces derniers mois. Le kilogramme de viande grillée peut atteindre près de 8 000 francs CFA, un niveau jugé élevé dans un pays où le pouvoir d’achat reste fragile.
En période de forte demande régionale, notamment vers les marchés côtiers d’Afrique de l’Ouest, ces exportations peuvent en effet réduire l’offre disponible sur le marché intérieur et contribuer à la flambée des prix.
En restreignant temporairement ces flux, le gouvernement entend stabiliser les prix et garantir un accès plus régulier à la viande pour les consommateurs nigériens.
Pour assurer l’application effective de cette décision, les autorités ont prévu un dispositif de contrôle renforcé. Les animaux interceptés lors de tentatives d’exportation illégale pourront être confisqués, avec la possibilité de les affecter aux forces de défense et de sécurité. Cette disposition vise à lutter contre la fraude et à dissuader les circuits clandestins qui pourraient contourner l’interdiction.
La restriction des exportations pourrait avoir des répercussions sur les revenus des éleveurs et sur les circuits commerciaux transfrontaliers.
Plusieurs économistes estiment que le Niger gagnerait à développer davantage la transformation de la viande, la chaîne de froid et les industries agroalimentaires afin de capter une plus grande part de la valeur ajoutée.
Dans un pays où l’élevage constitue l’un des principaux moteurs économiques, la décision d’interdire temporairement l’exportation du bétail illustre la difficulté de trouver un équilibre entre les impératifs sociaux, économiques et commerciaux. Pour les autorités comme pour les acteurs du secteur, la question reste désormais de savoir si cette mesure permettra réellement de stabiliser les prix tout en préservant la vitalité d’une filière essentielle à l’économie nationale.
D.S



