Le Service d’État ukrainien pour la sécurité alimentaire et la protection des consommateurs a annoncé lundi 26 janvier 2026, avoir validé des certificats sanitaires permettant l’exportation vers l’Algérie de bovins ukrainiens destinés à la boucherie, à l’engraissement et à la reproduction. Cette mesure marque une ouverture réglementaire du marché algérien aux bovins en provenance d’Ukraine.
« L’ouverture de ces marchés d’exportation constitue une étape importante dans le renforcement de la coopération commerciale et économique entre l’Ukraine et l’Algérie, et confirme que les produits ukrainiens respectent les exigences vétérinaires du pays importateur », indique un communiqué publié sur le site du gouvernement ukrainien, repris par l’agence Ecofin.
Cette décision permettra à l’Algérie de diversifier ses sources d’approvisionnement en bovins. Selon les données de la plateforme Trade Map, reprises par la même source, le pays a importé en 2024 pour près de 18,5 millions de dollars de bovins vivants depuis le Brésil, l’Irlande, l’Allemagne, la Pologne et l’Italie.
Dans le cadre de la loi des finances 2026, l’Algérie a mis en place des mesures fiscales pour soutenir le commerce de bétail vivant. Les importations de bovins destinés à l’abattage sont exemptées de droits de douane, de TVA, de taxe de domiciliation bancaire, de contribution de solidarité et du précompte, pour la période du 15 novembre 2025 au 30 juin 2026, en lien avec l’Aïd el-Adha. Après cette période, les importations de bovins pour l’abattage bénéficieront d’un taux réduit de 5 % de droits de douane jusqu’au 31 décembre 2026.
L’Algérie ouvre son marché aux bovins ukrainiens
Depuis 2024, l’Algérie cherche aussi à augmenter la production locale de viande bovine afin de réduire sa dépendance aux importations. Le 12 décembre 2024, le ministère de l’Agriculture a créé la Commission nationale pour le renforcement de la production de viandes rouges à Alger. Ce groupe de travail doit proposer des mesures pour développer le cheptel national, ovin et bovin, et accroître la production de viandes rouges dans le pays.
Les données de la FAO montrent que les importations algériennes de viande bovine sont passées de 10 328 tonnes en 2023 à 91 579 tonnes en 2024, et pourraient atteindre 115 000 tonnes en 2025. Cette hausse importante des importations indique que la production locale ne répond pas entièrement à la demande.
D’ailleurs, le président Tebboune a admis récemment que la politique de production de la viande n’a pas atteint ses objectifs. Cette déclaration a été faite mardi 30 décembre lors de son discours à la nation devant les deux chambres du Parlement, réunies au Palais des Nations à Club des Pins à Alger.
Le chef de l’Etat a reconnu « un échec dans la production de viandes de toutes sortes », ajoutant que cette situation « soulève de grandes interrogations ». Il a appelé les responsables à assumer leurs responsabilités et précisé que « les fonds destinés à l’importation de viandes devraient revenir en priorité aux enfants de l’Algérie ».
En prévision de la l’Aïd El Adha 2026, l’Algérie a décidé, début janvier, d’importer un million de moutons. Une opération similaire avait déjà été réalisée à l’occasion de l’Aïd El Adha 2025.
Sandrine KOUADJO et Autre média



