Lorsque la lucilie bouchère infeste le bétail, elle paralyse des économies entières. Les récentes autorisations d’urgence accordées aux États-Unis contre la lucilie bouchère montrent avec quelle rapidité les pays doivent agir lorsque la biosécurité est menacée. L’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Guinée, Gambie) a enregistré des épidémies de vers bouchère, mais ces régions restent vulnérables en raison de la porosité des frontières, de l’augmentation du commerce régional, de la forte densité de bétail et de l’accès vétérinaire limité dans les zones rurales.
Contrairement aux États-Unis, qui ont déployé une technologie de mouches stériles et approuvé des médicaments d’urgence pour contenir les épidémies de vers bouchères, l’Afrique manque de systèmes coordonnés pour une détection précoce et une réponse rapide. Sans une surveillance régionale et des investissements dans des outils d’éradication, les vers bouseux pourraient se propager silencieusement au-delà des frontières, paralysant le bétail et les économies rurales.
Les organismes régionaux africains tels que la CEDEAO et le Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (UA-BIRA) pourraient adopter des stratégies spécifiques au contexte en Afrique qui protégeront non seulement la santé animale, mais sauvegarderont également la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance des agriculteurs et la stabilité commerciale. Ces solutions ne réussiront que si elles sont soutenues par une volonté politique, une coordination régionale et des investissements soutenus.
Le risque de propagation de la lucilie bouchère en Afrique : leçons tirées des États-Unis et implications pour l’Afrique
Appel à l’action : Les gouvernements doivent considérer la santé animale comme un pilier de la sécurité nationale, comme indiqué dans la Stratégie de santé animale pour l’Afrique (2019-2035), tandis que les donateurs et les partenaires de développement soutiennent le renforcement des capacités et les infrastructures nécessaires à la mise en œuvre de ces outils. Sans cette base, même les meilleurs plans risquent de s’effondrer lors de la prochaine épidémie.
Les vers bouchères sont peut-être petits mais constituent une menace sérieuse. L’Afrique de l’Ouest se trouve à un tournant critique : soit réagir aux crises futures, soit investir dès maintenant dans des infrastructures de biosécurité résilientes. En tirant les leçons des meilleures pratiques mondiales et en s’engageant en faveur d’une préparation régionale, l’Afrique peut sauvegarder son bétail, sa population et son avenir économique.
Source : africavet.com



