Un groupe international de scientifiques a conclu qu’un vaccin prometteur contre la peste porcine africaine (PPA) ne protège efficacement les porcs que contre certaines souches du virus, tandis qu’il est quasiment inefficace contre d’autres. Cette découverte souligne l’urgence de développer des vaccins adaptés aux régions afin de lutter efficacement contre l’une des maladies porcines les plus dangereuses au monde. L’article a été publié dans la revue Vaccines.
L’étude a été menée par des spécialistes du Plum Island Animal Disease Centre (USDA, États-Unis) en collaboration avec l’International Livestock Research Institute (ILRI). Ils ont testé le candidat vaccin vivant atténué commercial ASFV-G-ΔI177L sur des souches de PPA collectées dans différentes régions d’Afrique.
Les résultats ont montré une différence significative dans l’effet protecteur du médicament à savoir :
Une Protection renforcée. Les porcs vaccinés et exposés à la souche sur laquelle le vaccin était basé sont restés en bonne santé, tandis que les porcs non vaccinés sont morts rapidement.
Une Protection partielle. Environ 80 % des porcs vaccinés ont survécu après avoir été infectés par une souche génétiquement différente provenant du Ghana.
Aucune protection. Le vaccin s’est avéré inefficace contre plusieurs souches différentes provenant du Malawi, du Kenya, d’Afrique du Sud et d’Ouganda, malgré une forte réponse immunitaire.
Ces résultats ont démontré que la classification actuelle du virus basée sur un seul gène (p72) ne permet pas de prédire l’effet du vaccin. Par exemple, deux souches, Georgia2010 et Pret4, présentaient des séquences p72 identiques, mais ont montré des réponses complètement différentes chez les animaux vaccinés.
Des scientifiques de l’USDA ont proposé une nouvelle méthode de classification prenant en compte tous les gènes codant pour les protéines virales. Cela permet une sélection plus précise des vaccins pour les souches circulant dans des régions spécifiques.
La PPA demeure une menace mondiale pour la filière porcine. En Afrique, la maladie décime le bétail depuis des décennies et, ces dernières années, elle a causé des pertes importantes en Asie et en Europe. On estime que des millions de porcs ont été perdus, ce qui compromet la sécurité alimentaire et la stabilité économique des exploitations.
La PPA représente également une menace sérieuse pour l’Amérique du Nord. En 2023, l’industrie porcine américaine a généré plus de 27 milliards de dollars de revenus, tandis qu’au Canada, ce chiffre a atteint 6,3 milliards de dollars canadiens en 2024.
Les scientifiques soulignent que sans vaccins adaptés aux régions, les risques restent extrêmement élevés. La poursuite des recherches et du développement contribuera à créer des solutions plus universelles ou combinées, capables d’offrir une protection plus large et de réduire les pertes économiques dans l’élevage porcin mondial.
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