En Tanzanie, la pêche et l’aquaculture représentent 1,8 % du PIB, génèrent 10 % des recettes nationales en devises et couvrent près de 30 % des besoins du pays en protéines animales. Soucieux de renforcer la contribution de cette filière à l’économie nationale, le gouvernement lance une nouvelle initiative d’envergure.
Le 2 décembre, le ministère de l’Élevage et de la Pêche a officiellement lancé un programme visant à moderniser la pêche artisanale et l’aquaculture, rapporte le média local Daily News. Ce projet, intitulé « Tanzania Scaling-Up Sustainable Marine Fisheries and Aquaculture Management » (TASFAM), est élaboré en partenariat avec la Banque mondiale.
Doté d’un budget global de 117 millions de dollars, il sera déployé de 2025 à 2030 dans 17 districts côtiers. Il prévoit notamment la construction de marchés modernisés et d’unités de transformation, l’expansion de l’aquaculture dont la culture d’algues et de concombres de mer, ainsi que la fourniture d’équipements de pêche améliorés pour les communautés locales. L’achat d’un navire de recherche marine est également prévu afin de renforcer les capacités de surveillance et de gestion durable des ressources halieutiques.
Un programme quinquennal de 117 millions de dollars pour dynamiser la pêche en Tanzanie
Selon Agnes Meena, secrétaire permanente au ministère, plus de 300 groupements de cultivateurs d’algues et d’organismes marins devraient être directement concernés. Elle souligne que le TASFAM vise à « autonomiser les petits pêcheurs, les communautés côtières et les entrepreneurs locaux, afin d’améliorer leurs conditions de vie et de garantir un avenir durable ». Grâce à une gestion responsable des pêches et à des pratiques aquacoles modernes, le projet devrait contribuer à la prospérité des communautés littorales et à l’essor de l’économie bleue du pays.
Ce programme apparaît comme une véritable opportunité pour des secteurs dont le potentiel reste sous-exploité. Le ministère estime que la Tanzanie pourrait prélever plus de 4 050 000 tonnes de poissons par an sans compromettre la reproduction des stocks. Pourtant, d’après les données de la FAO, les captures totales du pays ne s’élevaient qu’à 604 791 tonnes en 2023, dont environ 20 % issues de l’aquaculture.
Les autorités rappellent que plusieurs obstacles freinent encore le développement du secteur : manque d’infrastructures de transformation et de conservation, faibles investissements en aquaculture, régulation insuffisante ou encore fragmentation des marchés. Il reste désormais à mesurer l’impact que le TASFAM pourra avoir sur ces défis structurels.
Sandrine KOUADJO



