En République démocratique du Congo (RDC), les insuffisances institutionnelles, techniques et logistiques fragilisent la capacité des secteurs de la Santé, de la Pêche et de l’Élevage ainsi que de l’Environnement à répondre efficacement aux urgences sanitaires. Un renforcement des moyens et des compétences apparaît nécessaire pour améliorer leur résilience.
Un état des lieux présenté vendredi 11 septembre 2026 à Kinshasa, lors d’un atelier organisé à l’hôtel Royal, a mis en évidence d’importantes faiblesses au sein des directions centrales et des divisions provinciales des secteurs concernés.
Selon les experts, les infrastructures restent insuffisamment équipées, tandis que le manque de matériel informatique, de connexion Internet et de moyens de fonctionnement limite l’efficacité des services. Les difficultés concernent également les ressources humaines, avec notamment des agents non rémunérés, des personnels proches de la retraite et des cadres organiques encore en évolution.
Le Dr Jean-Pierre Lokonga, chargé de présenter les conclusions de l’état des lieux, a également relevé les difficultés liées aux conditions de travail et à la disponibilité des moyens logistiques. L’absence d’électricité pérenne, d’eau et de connexion Internet dans certaines structures constitue notamment un frein au bon fonctionnement des services.
Dans le secteur de la Pêche et de l’Élevage, les recommandations prévoient notamment la création d’un groupe de travail chargé de clarifier les attributions de la Direction de lutte contre les maladies animales (DLMA), de la Direction des services vétérinaires (DSV) et du Service national d’élevage et de santé (SENES), conformément au cadre organique et à l’arrêté ministériel de 2018.
Les acteurs recommandent également de renforcer les équipements informatiques et l’accès à Internet dans les structures centrales, ainsi que de poursuivre les actions en faveur de la mécanisation et du paiement des primes aux agents. Ces mesures doivent permettre d’améliorer les conditions de travail et de renforcer la capacité du secteur à faire face aux urgences sanitaires.
Plus largement, les parties prenantes préconisent la formation du personnel à la surveillance intégrée des maladies et de la riposte (SIMR), à la surveillance intégrée des maladies animales et des zoonoses (SIMAR), à la surveillance environnementale et à l’approche « Une seule santé » (« One Health »).
Les secrétaires généraux des ministères concernés ont, pour leur part, insisté sur la nécessité d’une responsabilité partagée entre le gouvernement et ses partenaires. Le secrétaire général à la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Body Ilonga, a notamment appelé les partenaires intervenant en RDC à aligner leur appui sur les priorités définies par le gouvernement.
Le renforcement des capacités institutionnelles, humaines et logistiques apparaît ainsi comme un enjeu majeur pour améliorer la résilience des secteurs de la Santé, de la Pêche et de l’Élevage et mieux anticiper les futures urgences sanitaires dans le pays, d’après actualite.cd.
Par Amy. SANGARE
