L’Association nationale de la pêche du Nigeria (NFAN) est montée au créneau pour interpeller le gouvernement fédéral sur la hausse des prix du poisson. Elle demande aux autorités de s’attaquer aux facteurs qui favorisent cette hausse, notamment le coût élevé des devises étrangères, et renforcer la production locale afin de réduire le déficit d’approvisionnement du pays, a publié Agronigeria.
L’appel a été lancé par le président de la NFAN, Dr Ladan Aliyu, lors de l’inauguration du nouveau comité exécutif de l’organisation One Fish One Voice, à Abuja. Il a souligné la pression croissante exercée sur les consommateurs par la hausse générale des prix des denrées alimentaires.
Selon lui, le poisson produit localement reste moins cher que les variétés importées. Toutefois, le coût élevé des devises étrangères contribue à renchérir les poissons importés sur le marché nigérian.
« L’élevage de poissons dans le pays est bien moins cher que l’importation de variétés comme le poisson Titus et autres. Nous devons comprendre que les Nigérians achètent des dollars comme ils achètent du pétrole, ce qui explique en partie le niveau élevé des prix », a-t-il déclaré.
Le président de la NFAN a ajouté que son association entend échanger avec les commerçants afin d’identifier des solutions permettant de réduire les prix pour les consommateurs.
Il a également indiqué que le Nigeria aurait besoin d’environ 300 000 tonnes métriques de poisson pour satisfaire la demande intérieure, alors que la production actuelle représente moins d’un quart de cette demande. Cette situation crée un important déficit d’approvisionnement.
Les acteurs de la filière pêche au Nigeria interpellent les autorités sur la hausse des prix du poisson
« Il y a beaucoup de lacunes à combler et beaucoup reste à faire pour faire baisser le prix de cette denrée. Nous appelons le gouvernement à collaborer avec nous afin de relever ce défi », a déclaré Ladan Aliyu.
Évoquant également la hausse du prix de la viande, il a indiqué que le prix d’une vache atteint désormais près de 2 millions de nairas, voire davantage dans certains cas. Une situation qui, selon lui, renforce la nécessité de rendre le poisson plus accessible aux consommateurs.
De son côté, le vice-président de la NFAN, Adewale Adewu, a appelé à une intervention du gouvernement. Il estime que la hausse du prix du poisson s’inscrit dans un contexte plus large d’augmentation des prix des denrées alimentaires à l’échelle mondiale.
Adewale Adewu a par ailleurs expliqué que l’initiative One Fish One Voice vise à renforcer le secteur de la pisciculture grâce au partage des connaissances, à la collaboration entre les acteurs et à un meilleur accès aux solutions disponibles dans les différents segments de l’industrie.
Il a précisé que l’initiative entend également soutenir les pisciculteurs à travers des mécanismes d’aide financière et d’autres formes d’accompagnement, tout en offrant une plateforme permettant aux producteurs de différentes régions de partager leurs expériences et d’accéder à des informations fiables.
Sandrine KOUADJO
