Le marché marocain pourrait rouvrir ses portes aux importations de moutons vivants en provenance d’Espagne avant la fin du mois de juillet.
C’est ce qu’a indiqué la Bourse agricole d’Estrémadure, qui évoque l’aboutissement prochain des négociations commerciales entre les deux pays. Aucune date officielle ni aucun volume d’exportation n’ont toutefois été confirmés à ce stade.
Cette perspective concerne uniquement les ovins. Les bovins espagnols restent, eux, soumis à une interdiction d’importation imposée par les autorités marocaines à la suite de l’apparition de plusieurs foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en Espagne.
Selon le ministère espagnol de l’Agriculture, le Maroc maintient une interdiction totale sur les importations de bovins vivants ainsi que sur la semence bovine en provenance d’Espagne. En conséquence, les certificats sanitaires permettant l’exportation de bovins destinés à la reproduction, à l’engraissement ou à l’abattage demeurent suspendus.
L’Espagne avait enregistré un premier foyer de dermatose nodulaire contagieuse en octobre 2025 dans la province de Gérone, avant que dix-neuf cas ne soient recensés, le dernier ayant été confirmé en février 2026 dans la province de Huesca. Si cette maladie affecte les bovins et les buffles sans présenter de risque pour l’homme, Rabat n’a pas retenu le principe de régionalisation des restrictions sanitaires, privilégiant une interdiction nationale des importations.
Cette décision a fortement affecté les exportateurs espagnols. En 2024, le Maroc avait importé 61.715 bovins espagnols de plus de 300 kg, représentant plus de la moitié des exportations espagnoles de cette catégorie. En 2025, ces volumes s’élevaient encore à 51.986 têtes, avant de tomber à zéro en 2026, selon l’Union des petits agriculteurs et éleveurs espagnols (UPA), qui appelle à une reprise des échanges.
Le marché ovin suit une dynamique différente. Malgré un net ralentissement, le Maroc est resté en 2025 le premier client de l’Espagne pour les moutons vivants, avec 345.524 têtes importées, soit près d’un tiers des exportations espagnoles. Ce volume représente toutefois une baisse de 56,5 % par rapport à 2024, où les achats marocains avaient atteint 794.585 animaux.
Plusieurs facteurs expliquent cette contraction. Les professionnels espagnols évoquent notamment la fin du Ramadan, le niveau élevé des prix à l’exportation, mais aussi l’appel de SM le Roi Mohammed VI à renoncer exceptionnellement au sacrifice de l’Aïd Al-Adha afin de préserver le cheptel national fragilisé par plusieurs années de sécheresse.
À ces éléments s’ajoutent les difficultés rencontrées par les éleveurs espagnols. La fièvre catarrhale ovine (FCO), ou maladie de la langue bleue, a entraîné une baisse des naissances et une diminution de la production dans plusieurs exploitations, réduisant l’offre disponible et poussant les prix à la hausse. Les fortes pluies enregistrées en Estrémadure et en Andalousie ont également provoqué des pertes de nouveau-nés.
Lors de la campagne du Ramadan 2026, les exportations espagnoles de bovins et d’ovins vers les pays musulmans ont ainsi chuté d’environ 80 %. Les ventes de moutons vivants sont passées de près de 100.000 têtes deux ans auparavant à seulement 15.000 à 20.000 animaux, selon les professionnels du secteur.
Si les négociations en cours laissent entrevoir une reprise prochaine des exportations de moutons vers le Maroc, aucune évolution n’est en revanche annoncée concernant les bovins, dont les importations restent suspendues tant que les restrictions sanitaires demeurent en vigueur.
source: Consonews



