En Tanzanie, la filière lait est la deuxième en termes d’importance dans le secteur de l’élevage après celle de la viande. Le gouvernement vise l’autosuffisance avec la mise en œuvre de nouveaux projets de développement destinés à accroître la production locale.
En Tanzanie, le Conseil laitier (TDB) met en œuvre un projet sur la période 2025–2035 en vue de développer la filière lait avec l’appui du gouvernement. C’est ce qu’a révélé George Msalya, secrétaire général du TDB, qui s’est confié le 28 mars dernier au média local The Citizen.
D’un cout total de 520 milliards de shillings (113 606 000 000 Franc CFA), ledit projet repose sur plusieurs interventions structurantes destinées à transformer la productivité de la filière. Il prévoit notamment l’importation de 17 200 vaches laitières à haut rendement génétique, la construction de 150 nouveaux centres de collecte, ainsi que des investissements dans les infrastructures hydrauliques et la production de fourrages.
« Les producteurs devraient ainsi bénéficier d’un accès à des crédits abordables, à des formations modernes et à des intrants de qualité, afin d’améliorer à la fois la production et la qualité du lait », rapporte la même source.
Si, pour l’heure, l’origine des vaches laitières à importer n’est pas encore connue, on sait que Dodoma a donné en novembre dernier son feu vert à l’importation d’une large gamme de produits d’élevage du Brésil, parmi lesquels figuraient des bovins vivants à des fins de reproduction.
La Tanzanie présente encore des niveaux de productivité très faibles. Les données compilées par le ministère de l’Agriculture montrent que les vaches locales produisent en moyenne entre 0,5 et 2 litres de lait par jour, soit entre 182 et 730 litres par an et par vache. En comparaison, la production moyenne du cheptel brésilien s’élevait à près de 2 362 litres par vache et par an en 2024, d’après les données officielles.
Quoi qu’il en soit, le plan d’investissement décennal mis en œuvre par le TDB s’il se concrétise permettra d’améliorer les capacités de production de la filière tanzanienne à terme.
Filière lait Tanzanie : l’autosuffisance en ligne de mire
En Tanzanie la production de lait frais est sur une pente ascendante depuis quelques années. Les données compilées par le Bureau national des statistiques montrent par exemple que l’offre locale de lait frais a en effet grimpé de 29 % en l’espace de cinq ans, passant de 3,1 millions de tonnes en 2020 à 4 millions de tonnes en 2024.
En dépit de cette progression, le pays a toujours recours aux importations, mais en quantité relativement faible. D’après la FAO, la Tanzanie a importé en moyenne 29 301 tonnes de produits laitiers en équivalent lait par an entre 2020 et 2024, principalement du lait en poudre et du beurre. Sur la période considérée, la facture des dépenses associées à ces achats s’est élevée en moyenne à 7,76 millions $, soit 4 408 611 200 Franc CFA par an.
Dans ce contexte, l’enjeu pour Dodoma de renforcer les capacités de production de l’industrie locale sera de faire de l’objectif d’autosuffisance une réalité dans les prochaines années.
Source : Agenceecofin



