Etat des stocks halieutiques marins :
La FAO publie le rapport de l’évaluation mondiale pour 2025

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La publication du rapport, dans lequel figurent des contributions de plus de 650 experts de plus de 200 institutions et 90 pays, a été l’un des temps forts de la participation de la FAO à la Conférence des Nations Unies sur l’océan de 2025

À la Conférence des Nations Unies sur l’océan de 2025, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié l’évaluation mondiale la plus complète et la plus participative jamais entreprise à ce jour pour déterminer l’état des stocks halieutiques marins.

L’édition de 2025 du rapport intitulé Review of the state of world marine fishery resources (Analyse de l’état des ressources halieutiques dans le monde) fournit des informations sur la viabilité biologique de 2 570 différents stocks de poissons, soit un nombre bien supérieur à ceux des rapports des années précédentes. D’après cette édition, au niveau mondial, la situation d’une partie des pêcheries maritimes s’améliore grâce à une gestion rigoureuse à assise scientifique, mais de nombreuses autres pêcheries sont toujours à la peine.

La publication du rapport, dans lequel figurent des contributions de plus de 650 experts de plus de 200 institutions et 90 pays, a été l’un des temps forts de la participation de la FAO à la Conférence des Nations Unies sur l’océan de 2025, ces travaux mettant en évidence le rôle technique crucial de l’Organisation dans les domaines de l’aquaculture et de la pêche, qui fait fond sur son Cadre stratégique pour 2022-2031 et sur les quatre améliorations. Des ministres et d’autres participants de haut niveau à la manifestation organisée pour la présentation de la publication se sont félicités du rapport, et nombre d’entre eux ont fait l’éloge de la vision d’ensemble inédite et de l’intérêt de cette analyse pour éclairer la prise de décisions sur les politiques à mener.

Le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, a souligné que la bonne gestion des stocks restait le moyen le plus efficace de préserver les ressources halieutiques. Il a indiqué que cette analyse donnait des éléments de connaissances qui permettaient d’avoir une compréhension globale des enjeux et de prendre des décisions plus avisées fondées sur des données. «Ce rapport offre aux gouvernements les éléments nécessaires à l’élaboration des politiques à mener et à une coordination cohérente».

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Plusieurs ministres participant à la manifestation se sont associés aux réflexions du Directeur général. M. Paubert Tsimanaoraty Mahatante, Ministre de la pêche et de l’économie bleue de Madagascar, a déclaré que le rapport donnait aux responsables politiques des éléments essentiels pour leur travail – informations, données et chiffres –, sans lesquels il serait impossible de bien gérer les pêches. M. Steven Victor, Ministre de l’agriculture, de la pêche et de l’environnement des Palaos, a souligné l’importance de la pêche pour les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire et a indiqué que le rapport était utile pour bien gérer ces ressources, sans lesquelles des moyens de subsistance disparaîtraient.

Junhua Li, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales de l’Organisation des Nations Unies (ONU), s’est félicité de ce rapport qui est le fruit d’un effort collectif et a ajouté que seules des données et des informations aussi approfondies pouvaient contribuer à l’efficacité et à la durabilité de la gestion des pêches. « Cette conférence et en particulier ce rapport sont très utiles pour rappeler l’importance du multilatéralisme et du rôle des organismes des Nations Unies dans le recensement des obstacles à surmonter et des chances à saisir dans l’intérêt de tous », a déclaré M. Peter Thomson, Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’océan.

David Agnew, Secrétaire exécutif de la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique, a fait la déclaration suivante: « C’est la manifestation phare de l’année 2025. Lorsqu’on a conscience du travail que nécessite une seule évaluation des stocks, on peut mesurer l’ampleur des efforts entrepris pour mener à bien plus de 2 000 évaluations et compiler ces résultats dans un rapport aussi complet et structuré que celui-ci. De plus, les auteurs tiennent compte des incertitudes, ce qui est crucial pour concevoir des programmes de suivi et cibler les zones ayant besoin d’un renforcement des capacités.»

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Mandat technique de la FAO

Le Directeur général de la FAO a souligné que l’Organisation rendait compte de l’état des ressources halieutiques mondiales depuis le début des années 1970. Ce travail contribue à l’orientation des pêcheries mondiales sur la voie de la durabilité, en facilitant une prise de décisions éclairée et en influençant les évolutions en rapport avec les politiques à mener. « La pêche a changé depuis les années 1970 en raison de l’utilisation de nouvelles technologies, de l’évolution des ressources et de l’adoption de pratiques différentes en matière d’exploitation, de gestion et de valorisation des stocks halieutiques », a indiqué M. Qu, ajoutant que la collecte de données avait progressé, y compris en ce qui concerne l’intégration des savoirs autochtones et traditionnels.

Le Directeur général de la FAO a indiqué que l’intelligence artificielle permettait d’évaluer davantage de stocks avec une plus grande précision. En outre, il est devenu de plus en plus nécessaire de mieux représenter les différentes pratiques en matière de pêche dans le monde: des méthodes de capture et de gestion des stocks halieutiques aux approches permettant d’assurer leur viabilité.

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M. Qu a fait observer que l’analyse actualisée de la FAO s’appuyait sur « les approches scientifiques, les technologies et les connaissances de terrain les plus récentes au niveau mondial, ce qui fournit un panorama plus complet et plus inclusif de l’état des ressources halieutiques dans le monde ». Il a par ailleurs indiqué que le rapport mettait en évidence l’engagement de la FAO en faveur de la transformation bleue, qui fixe le cap à suivre pour faire évoluer les systèmes alimentaires aquatiques, et qu’il offrait un exemple important dans l’approche à adopter pour recueillir, analyser et partager les connaissances.

Défis et progrès

Les dernières évaluations confirment que des défis sont à relever sur le plan de la viabilité et que des progrès sont réalisés dès lors que la gestion des pêches est efficace. Ils montrent ainsi à quel point une gouvernance efficace peut être bénéfique et combien il est urgent de continuer sur cette voie. Dans l’analyse des évolutions dans l’ensemble des zones de pêche en mer de la FAO, le rapport confirme que 64,5 pour cent de l’ensemble des stocks halieutiques sont exploités à un niveau biologiquement viable et que 35,5 pour cent des stocks sont considérés comme étant surexploités. Si on pondère le chiffre en fonction du niveau de production, il en ressort que 77,2 pour cent des débarquements dans le monde sont prélevés sur des stocks biologiquement viables. Dans les zones où la gestion des pêches marines est efficace, les volumes de prises durables sont bien supérieurs à la moyenne mondiale. Par exemple, dans le Pacifique Nord-Est, 92,7 pour cent des stocks sont exploités de manière viable.

Source : FAO

 

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