Situation alimentaire mondiale :
La FAO dévoile les prix des produits alimentaires internationaux d’octobre 2025

Situation alimentaire mondiale

L’indice FAO des prix des produits alimentaires constitue un outil essentiel permettant de suivre l’évolution mensuelle des prix internationaux d’un panier de produits alimentaires de base. Élaboré à partir de cinq grandes catégories – céréales, huiles végétales, produits laitiers, viande et sucre –, il repose sur une moyenne pondérée reflétant la valeur moyenne des exportations mondiales pour la période 2014-2016. En 2020, la FAO a révisé sa méthodologie afin d’intégrer un panier de produits plus large et de mettre à jour la période de référence, garantissant ainsi une mesure plus fidèle des tendances actuelles des marchés mondiaux. L’indice constitue aujourd’hui un baromètre privilégié pour comprendre la dynamique de l’offre, de la demande et des facteurs géopolitiques influençant les prix alimentaires dans le monde.

Une baisse généralisée en octobre 2025, malgré la hausse des huiles végétales

En octobre 2025, l’indice FAO s’est établi à 126,4 points, enregistrant une baisse de 1,6 % par rapport à septembre. Il s’agit de la deuxième diminution mensuelle consécutive. Malgré la hausse de l’indice des huiles végétales, ce recul global est dû à la baisse des prix des céréales, des produits laitiers, de la viande et du sucre. Comparé à octobre 2024, l’indice demeure légèrement inférieur, et surtout, il reste nettement en dessous du pic exceptionnel atteint en mars 2022, au début de la guerre en Ukraine, avec un écart de plus de 33 points, soit 21 %.

A LIRE AUSSI  Des Commissions Villageoises formées au règlement amiable des conflits entre agriculteurs et éleveurs à Bouna

Céréales : baisse généralisée sous l’effet d’une offre abondante

L’indice des prix des céréales est tombé à 103,6 points en octobre, soit un recul de 1,3 % sur un mois et de près de 10 % sur un an. Toutes les principales céréales ont suivi la même tendance baissière.

  • Blé : baisse de 1 %, principalement favorisée par une offre mondiale abondante. Les récoltes dans l’hémisphère Sud affichent de bonnes perspectives, tandis que les semis de blé d’hiver progressent normalement dans l’hémisphère Nord.
  • Céréales secondaires (maïs, orge, sorgho) : diminution de 1,1 %, en raison d’une offre ample. Toutefois, quelques facteurs ont limité la baisse, notamment la diminution potentielle des rendements du maïs dans l’Union européenne et aux États-Unis, ainsi que de nouveaux accords commerciaux conclus entre la Chine et les États-Unis.
  • Riz : baisse notable de 2,5 % sous l’effet d’une concurrence accrue entre les pays exportateurs et du lancement des récoltes principales dans l’hémisphère Nord.

Huiles végétales : seul groupe en hausse, porté par un resserrement de l’offre

L’indice des prix des huiles végétales a augmenté de 0,9 % pour atteindre 169,4 points, son plus haut niveau depuis juillet 2022. Toutes les principales huiles ont contribué à cette hausse :

  • Huile de palme : légère remontée après une baisse en septembre, soutenue par les perspectives de réduction des exportations en Indonésie, qui prévoit d’augmenter le taux d’incorporation de biodiesel en 2026.
  • Huile de tournesol : hausse continue pour le quatrième mois consécutif, due à une baisse de l’offre en mer Noire, notamment en raison de retards dans les récoltes et de la prudence des agriculteurs à vendre.
  • Huiles de colza et de soja : progression des prix liée à une offre limitée dans l’Union européenne pour le colza et à une forte demande intérieure au Brésil et aux États-Unis pour l’huile de soja.
A LIRE AUSSI  Un forum appelle à une gestion inclusive des ressources océaniques en Afrique de l’Est

Viande : recul après huit mois de hausse, sauf pour le bœuf

L’indice de la viande a chuté de 2 % en octobre pour s’établir à 125 points. Malgré cette baisse, il reste supérieur de près de 5 % à son niveau d’octobre 2024.

  • Porc : forte baisse en raison d’une offre mondiale abondante. Les exportateurs de l’Union européenne ont subi une pression supplémentaire due à la réduction des importations chinoises, conséquence de nouveaux droits de douane.
  • Volaille : contraction marquée des prix, notamment au Brésil. Les restrictions imposées par la Chine en raison de la grippe aviaire ont détourné les exportations brésiliennes vers des marchés moins rémunérateurs.
  • Ovins : recul, en particulier en Australie, où l’offre s’est fortement accrue.
  • Bovins : seul segment en hausse, tiré par une forte demande mondiale et la hausse des prix australiens.
A LIRE AUSSI  La localité d’Adzopé sensibilisée sur la résistance aux antimicrobiens

Produits laitiers : quatrième baisse consécutive

L’indice des prix des produits laitiers a atteint 142,2 points, soit une baisse de 3,4 % sur un mois. Malgré cette tendance négative, il demeure légèrement supérieur à son niveau d’un an auparavant.

Tous les sous-indices ont reculé :

  • Beurre : baisse de 6,5 %, pénalisée par des disponibilités abondantes en Union européenne et en Nouvelle-Zélande, et une demande asiatique en retrait.
  • Lait entier en poudre : recul de 6 %, en raison d’une demande importatrice faible et d’une forte concurrence entre exportateurs.
  • Lait écrémé en poudre : baisse de 4 %.
  • Fromage : légère baisse de 1,5 %, atténuée par une hausse des prix en Océanie, sous l’effet d’une demande asiatique robuste et d’un resserrement de l’offre régionale.

Sucre : nouvelle forte baisse, avec un plus bas depuis 2020

L’indice du sucre a reculé de 5,3 % en octobre, tombant à 94,1 points, son niveau le plus bas depuis décembre 2020. Sur un an, la diminution atteint 27 %.

Plusieurs facteurs expliquent cette chute :

  • Production abondante au Brésil : conditions météorologiques favorables dans le Sud du pays ont permis d’accroître le rythme de broyage de la canne.
  • Perspectives positives en Inde et en Thaïlande : le début des opérations de concassage laisse entrevoir une hausse des volumes.
  • Baisse du pétrole brut : elle réduit l’intérêt pour la transformation du sucre en éthanol, accentuant la pression à la baisse sur les prix.

Source : FAO