Le média de référence de l'élevage, de la pêche et des ressources animales en Afrique

Fièvre charbonneuse en Afrique / L’OMSA appelle à renforcer la vaccination et la surveillance

Elevage d'Afrique Info
5 Min Read
Fièvre charbonneuse

Des foyers de fièvre charbonneuse touchant des animaux domestiques et sauvages ont récemment été signalés dans plusieurs pays africains. Dans une déclaration publiée le 9 octobre 2026, l’Organisation mondiale de la santé animale appelle à renforcer la vaccination, la surveillance et la protection des communautés. Un message essentiel : lorsqu’un animal meurt et que la maladie est suspectée, sa carcasse ne doit pas être ouverte.

Pour une famille qui vit de l’élevage, perdre un animal représente parfois des mois de travail et une part importante de ses revenus. Mais lorsque la fièvre charbonneuse est en cause, cette perte peut aussi exposer les personnes qui manipulent la carcasse ou consomment sa viande. La protection du troupeau devient alors, très directement, celle du foyer.

Depuis Nairobi, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) exprime sa préoccupation face à des foyers récents dans plusieurs de ses pays membres africains. Sa déclaration concerne à la fois les animaux d’élevage et la faune sauvage. Elle ne précise toutefois ni les pays concernés ni le nombre d’animaux atteints et ne fournit pas de bilan humain.

A LIRE AUSSI  Sidi Touré prône le respect des normes sanitaires internationales

La fièvre charbonneuse, également appelée charbon bactéridien ou anthrax en anglais, est provoquée par la bactérie Bacillus anthracis. Elle peut passer de l’animal à l’être humain. Les éleveurs, les bouchers et les personnes qui manipulent des animaux infectés ou leurs produits peuvent notamment être exposés.

Cette maladie présente une difficulté particulière : les spores de la bactérie peuvent rester présentes dans le sol pendant de nombreuses années. Un risque peut donc persister bien après la disparition apparente d’un foyer. Chez les ruminants, la maladie peut aussi provoquer une mort rapide, sans signes préalables facilement repérables.

Fièvre charbonneuse en Afrique : l’OMSA appelle à renforcer la vaccination et la surveillance

Face à une mort suspecte, le premier réflexe doit être d’alerter les services vétérinaires. Il faut éviter de toucher, de découper ou de dépouiller l’animal, et ne pas consommer ni commercialiser sa viande. Une mortalité soudaine ne signifie pas nécessairement qu’il s’agit de fièvre charbonneuse, mais elle justifie une évaluation vétérinaire avant toute manipulation. L’Organisation mondiale de la Santé rappelle qu’un animal mort subitement ne doit pas être utilisé pour l’alimentation ou la fabrication de produits.

A LIRE AUSSI  Santé animale/ Le Nigeria se dote d’un nouveau centre de stockage de vaccins vétérinaire

L’OMSA insiste particulièrement sur l’interdiction d’ouvrir une carcasse suspecte. L’exposition de la bactérie à l’air favorise la formation de spores et peut contaminer durablement l’environnement. L’élimination de l’animal et la décontamination doivent donc être organisées par les services compétents, avec les protections et les procédures adaptées.

Pour une personne ayant manipulé un animal suspect ou ayant été exposée à ses produits, il est nécessaire de consulter rapidement un service de santé en précisant les circonstances du contact. Cette information aide les soignants à évaluer le risque et à décider de la prise en charge.

La prévention passe aussi par une vaccination régulière des animaux dans les zones à risque. L’OMSA encourage la vaccination systématique des espèces d’élevage sensibles dans les zones où la maladie est installée et dans celles considérées comme particulièrement exposées. Pour les familles, ces programmes contribuent à préserver les animaux dont dépendent l’alimentation, les revenus et l’activité quotidienne.

A LIRE AUSSI  Ouverture d'un atelier à Abidjan

La réponse doit également relier les professionnels qui interviennent sur un même territoire. Vétérinaires, soignants, agents de la faune sauvage, services de l’environnement et laboratoires doivent pouvoir échanger rapidement leurs informations. C’est le sens concret de l’approche « Une seule santé » défendue par l’organisation : une mortalité animale peut aussi nécessiter des mesures de protection pour les populations et leur environnement.

La sensibilisation comme gage de prévention

À l’échelle internationale, l’OMSA demande aux pays de notifier rapidement les foyers dans son Système mondial d’information zoosanitaire, WAHIS. Elle souligne également l’importance de la sensibilisation des communautés. Sur le terrain, les messages doivent être compréhensibles et utilisables : savoir qui prévenir, éviter les manipulations dangereuses et permettre aux équipes compétentes d’intervenir rapidement.

Source : Africavet

Share This Article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *