Crise sanitaire de la Peste porcine africaine en Côte d’Ivoire, la Direction des services vétérinaires fait le point

La crise sanitaire de la peste porcine africaine a frappé plusieurs localités de la Côte d’Ivoire entre 2024 et 2025.

La crise sanitaire de la Peste Porcine Africaine (PPA) a frappé plusieurs localités de la Côte d’Ivoire entre 2024 et 2025. Face à la propagation de la maladie, les autorités ivoiriennes ont mis en place un plan de riposte pour la contrer et freiner son évolution. Deuxième plus grande  épizootie, depuis son apparition dans le pays en 1996, la récente crise de la PPA a causé l’abattage de près de 108 000 bêtes. La Direction des services vétérinaires et du Bien-être Animal (DSVBA), lors d’un atelier de formation sur la communication liée aux risques de la PPA destiné aux journalistes, a fait le bilan de ces actions.

 

Cette activité organisée par le Ministère des Ressources animales et Halieutiques, (MIRAH) s’est tenue du 28 au 29 août 2025, à Grand-Bassam, et a bénéficié de l’appui technique et financier de la FAO.

 

Le Directeur des services vétérinaires et du bien-être animal  Dr Kallo Vessaly, a expliqué aux participants que la Peste porcine, est une maladie hautement  contagieuse qui affecte  les porcs qu’ils soient domestiques ou sauvages. Il n’existe  ni vaccin, ni traitement contre cette maladie. La seule véritable barrière contre la PPA , reste  la prévention par l’application rigoureuse de mesures d’hygiène connues sous le vocable de biosécurité.  Ces mesures  permettent  d’éviter  l’introduction  du virus dans une exploitation, une zone,  ou même dans tout un pays.

 

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Cependant lorsque malgré le respect  des mesures, le virus parvient à pénétrer dans une exploitation, un second niveau d’intervention s’impose à savoir les mesures de police sanitaire. Celles-ci visent à « éliminer le virus à la source puisqu’aucun traitement n’est disponible. Concrètement à  en croire M. Vessaly,  elles reposent sur l’abattage et la destruction systématique  des porcs infectés et exposés, afin de stopper la circulation du virus.

 

Même si le virus n’est pas dangereux pour l’Homme,  la consommation de viande contaminée  reste strictement interdite. Cette interdiction vise à protéger la filière porcine, car le virus de la PPA est extrêmement résistant.

« Le virus bien qu’il soit petit est très résistant et  peut survivre trois ans dans la viande congelée,  et plus de 5 mois dans l’eau (…) C’est pour cette raison que  l’abattage sanitaire suivie de la destruction  des cadavres est la méthode la plus simple », a expliqué Dr Vessaly, dénonçant par exemple l’abattage clandestin de porcs dans une zone sinistrée, et leur commercialisation dans dans des zones saines, favorisant la propagation du virus.

« Il y a des individus qui ont transporté de la viande contaminée dans les VTC et qui ont été interceptée par les Forces de l’ordre (…) celui qui s’adonne à cette pratique est considéré comme un criminel car il détruit le bien des autres et il le fait sciemment », a-t-il  déclaré, avant de préciser  qu’il n’y a que les porcs abattus par les services vétérinaires qui sont indemnisés.

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 « Les procédures administratives pour les indemnisations suivent leur cours… »

Dr Zanan Coulibaly, Chef de service de la santé des animaux aquatiques et de la faune sauvage à la DSVBA,  a fait le point des zones sinistrées et des acteurs directement impactés par la récente crise sanitaire de la PPA.

« 1405 éleveurs qui ont été sinistrés par les abattages sanitaires engagé à partir du  11 mai 2025 qui ont conduit à l’élimination de plus de 108 000 dans 19 localités impactées, afin de contrôler la propagation de la maladie. Les porcs abattus étaient constitués de  12,46 % de  Truies, 14,56% de  Cochettes,  2,28% de  Verrats,  42,54% de  Porcs à l’engraissement et  8,16% de  Porcelets », a-t-il énuméré.

Dr Zanan a également détaillé  la répartition géographique  des abattages dans les foyers confirmés. Ainsi, la ville de Bouaflé, située dans la  Région de la Marahoué a été la plus touchée  avec  38,1 % du total national. Elle est Suivie de Bingerville  avec 19,1 %, de Songon  avec 17,1 %, de Port-Bouët avec 15,7 %,  d’Azaguié  avec  9,5 %. Les  14  autres localités touchées concentrent ensemble  les 0,5% restants de l’effectif  national de porcs abattu.

 

Il a précisé qu’en Côte d’Ivoire, l’abattage sanitaire  est encadré  par  la Loi n°2020-995 du 30 décembre 2020 Portant Code de la santé publique vétérinaire et son  Décret d’application n°2021-794 du 08 décembre 2021, portant Police Sanitaire des Animaux qui autorise les services vétérinaires  à procéder  à cette opération.

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Parmi les mesures figurent également la décontamination des sites  infectés qui a débuté le 30  septembre 2024 avec environ 925 fermes traitées dont une désinfection en cours à Méagui.

Il a également énuméré les facteurs de propagation de la maladie  tels que l’introduction illégale de porcs infectés, le non-respect des mesures de biosécurité, l’abattage clandestin des bêtes, le mouvement  non contrôlé d’animaux, l’utilisation des eaux grasses (restes de repas).

S’agissant de l’indemnisation,  il a indiqué qu’elle est prévue par le décret n°2022-352 du 01 juin 2022 qui établit les modalités d’indemnisation des propriétaires d’animaux lors de l’abattage sanitaire. Dr Zanan a expliqué que l’indemnisation constitue la dernière étape du processus de gestion  de la crise sanitaire de la PPA.  Elle intervient après l’ensemble des mesures  de polices sanitaires. Cette opération n’est pas immédiate puisqu’elle respecte un certain processus.

« Les procédures administratives suivent leur cours pour qu’on puisse aboutir à l’indemnisation », a précisé le Directeur des services vétérinaires et du Bien-être animal.

Fort de l’expérience des crises passées et des leçons tirées de chaque épisode sanitaire, Dr Kallo Vessaly a exhorté l’ensemble des éleveurs de porcs à adopter une vigilance accrue.

 

 

MYNA