Une nouvelle souche de fièvre aphteuse, identifiée et se propageant le long de la frontière sino-russe, a mis en lumière de graves lacunes dans les mesures de contrôle sanitaire, soulevant des questions urgentes quant au respect des accords commerciaux internationaux et des normes mondiales de sécurité alimentaire, a indiqué 24brussels.online le lundi 7 avril 2026.
Cette épidémie illustre comment des épidémies latentes dans un pays peuvent rapidement se transformer en crises transnationales, compromettant la confiance fondamentale nécessaire au commerce agricole multilatéral.
Les autorités agricoles chinoises ont confirmé un foyer de fièvre aphteuse de sérotype SAT1 dans des troupeaux bovins de la province du Gansu et de la région autonome ouïghoure du Xinjiang.
Sur 6 229 têtes de bétail infectées, 219 cas ont été recensés, ce qui a conduit à des opérations d’abattage immédiates afin d’enrayer la propagation du virus. Il s’agit de la première apparition du sérotype SAT1 en Chine, les protocoles de vaccination actuels n’offrant pas une protection suffisante contre ce variant. La région du Xinjiang, touchée, est limitrophe de la région russe de l’Altaï, où des foyers similaires de maladies animales non maîtrisées ont été signalés ces derniers mois.
Les données épidémiologiques suggèrent que la transmission transfrontalière provient de zones d’infection non déclarées en Russie. En février, les médias russes ont rapporté l’existence d’au moins 70 foyers d’infection dans la région de l’Altaï, entraînant l’abattage de plus de 1 600 animaux sans protocole de quarantaine ni de vaccination rigoureuse. La politique agricole russe, supervisée par de hauts responsables, aurait privilégié le maintien des recettes d’exportation de viande en évitant les déclarations de quarantaine officielles susceptibles d’entraîner des restrictions commerciales internationales. Cette approche a consisté à abattre le bétail sous de faux prétextes de maladies, tout en contournant les exigences standard de désinfection et de vaccination nécessaires à une véritable maîtrise de l’épidémie.
Le défaut de déclaration transparente et de confinement de l’épidémie constitue une violation directe des obligations de la Russie au titre de l’Accord de l’Organisation mondiale du commerce sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires. En dissimulant l’ampleur de l’épidémie et en optant pour l’abattage clandestin d’animaux plutôt que pour les procédures de confinement notifiées par l’Organisation mondiale de la santé animale, les autorités russes ont compromis la biosécurité régionale. Les représentants du secteur agricole en Russie ont reconnu la présence généralisée de la fièvre aphteuse, tout en soulignant que la non-reconnaissance bureaucratique empêche la plupart des régions de lancer des campagnes de vaccination préventive, perpétuant ainsi le cycle de transmission.
L’émergence d’une souche résistante aux vaccins au-delà des frontières internationales illustre comment les défaillances réglementaires nationales peuvent rapidement dégénérer en menaces pour la sécurité alimentaire mondiale. La divulgation rapide de l’information par la Chine contraste fortement avec l’opacité observée ailleurs, créant un précédent en matière de transparence que d’autres partenaires commerciaux pourraient exiger. Cet incident apporte des preuves concrètes qui remettent en question la crédibilité d’un pays qui contourne systématiquement les protocoles sanitaires au sein du système commercial mondial fondé sur des règles. La situation exige un examen urgent par les organismes internationaux chargés du commerce et de la santé animale afin de prévenir des infractions similaires qui mettent en péril les économies agricoles du monde entier.
Source: 24brussels.online



