Le Burkina Faso renforce son secteur aquacole avec la mise en service de deux nouvelles unités de production d’aliments pour poissons. Installées à Bobo-Dioulasso et à Bagré, ces infrastructures ont été officiellement inaugurées le 13 mars. Leur réalisation a nécessité un investissement global de 1,5 milliard de francs CFA, soit environ 2,6 millions de dollars, mobilisé par le ministère de l’Agriculture.
Chaque usine dispose d’une capacité de production comprise entre 1,5 et 2 tonnes d’aliments par heure. Selon un communiqué du ministère, l’unité de Bobo-Dioulasso sera exploitée par la société publique Faso Guulgo, spécialisée dans la fabrication d’aliments destinés à la volaille, au bétail et aux poissons. Celle de Bagré sera, pour sa part, gérée par l’entreprise publique Faso Agropole.
Les autorités burkinabè estiment que ces nouvelles installations permettront de sécuriser l’approvisionnement en intrants pour les producteurs, d’améliorer la compétitivité de la filière piscicole nationale et de soutenir son développement. Elles devraient également générer des emplois directs et indirects, notamment pour les jeunes.
Dans l’aquaculture, l’alimentation constitue la principale composante des coûts de production. Le renforcement de l’offre locale d’aliments piscicoles pourrait donc contribuer à réduire les charges des producteurs et favoriser l’expansion du secteur.
Une dynamique croissante autour de l’aquaculture
Ces nouvelles unités s’inscrivent dans une série d’initiatives visant à développer la pisciculture au Burkina Faso. Le 4 février dernier, le ministère de l’Agriculture avait déjà inauguré un projet d’élevage de poissons en cages flottantes à Dori, dans la région du Liptako, avec une capacité estimée à 200 tonnes par an.
L’expérimentation de la pisciculture en cages flottantes avait auparavant été lancée avec succès en avril 2024 sur le barrage de Samandéni, dans la région des Hauts-Bassins, où 180 cages avaient été installées. Les autorités ambitionnent d’y atteindre une production annuelle de 54 000 tonnes de poissons grâce à l’implication d’investisseurs privés.
Dans la même dynamique, un autre projet baptisé « Dumu Ka Fa », soutenu par le fonds de souveraineté alimentaire, a été lancé sur le plan d’eau du barrage de Bagré. Ce programme, qui associe 44 promoteurs privés, pourrait produire jusqu’à 1 500 tonnes de poissons par an.
PAR AMINATA S.



