«Nous voulons faire des champions nationaux dans l’aquaculture », dixit Maurice Sawadogo Salif, Président du Conseil d’Administration de l’InterAqua, lors de l’atelier de renforcement des capacités des acteurs de la filière aquacole marquant le lancement officiel de la plateforme d’innovation sur le poisson, jeudi 17 septembre à Agboville.
Cette plateforme d’innovation a pour objectif majeur de stimuler l’esprit de créativité, de développer le travail d’équipe entre pisciculteurs afin d’augmenter le rendement de l’activité aquacole, selon le formateur, le docteur Abdulrazak Ibrahim, enseignant chercheur, compact Leader à FARA auprès de l’Union Africaine.
La formation a débuté par un changement de mentalité, relativement à l’environnement sociaux économiques. Expliquant les différentes étapes du développement durable d’un secteur, le formateur a faire savoir que chaque maillon de la chaine de valeur est importante pour le développement de la filière. La défaillance de l’un d’entre eux impacte tout le système agricole. Tous doivent donc travailler ensemble pour trouver des solutions innovantes.
Il a défini l’innovation comme un élément nouveau face à un problème, qui diffère d’un endroit à un autre, pour un même contexte. « L’innovation est une solution apportée pour solutionner un problème, une difficulté. Elle vient résoudre un problème de manière durable », a expliqué le formateur.
Trouver des solutions adaptées à chaque difficulté pour rendre le secteur durable est donc une innovation. Tel est le cas du Nigeria, qui, pour solutionner des difficultés, les propose aux étudiants comme sujet de recherche de thèse.
Faire des champions nationaux dans l’aquaculture
A travers les modules tels que la conquête du marché local et international, le système de fonctionnement de la plateforme, la création de partenariat, le marketing, les acteurs ont suffisamment été équipés pour une maximiser leur production de poissons.
Selon M. Maurice Sawadogo, Président du Conseil d’Administration de l’Interprofession aquacole, InterAqua, une filière forte se bâtit à travers l’innovation. « Innover c’est aussi s’inspirer du modèle et de l’expérience des pays leaders comme l’Egypte et le Nigeria », a-t-il estimé.
« Nous sommes reconnaissant du travail abattu par l’Etat ivoirien pour nous à travers le ministère des Ressources Animales et Halieutiques, aujourd’hui nous sommes reconnues en tant qu’interprofession. Cette reconnaissance ne suffit pas pour bâtir une filière durable. Cette construction se fait en s’inspirant du modèle de réussite des pays comme l’Egypte et le Nigeria. Nous voulons faire des champions nationaux dans l’aquaculture. Aujourd’hui nous lançons une plateforme d’innovation pour développer la filière aquacole. Nous devons être capable de produire du poisson en se basant sur des statistiques notamment le tonnage en termes d’aliments », a poursuivi le PCA de l’InterAqua.
Pour Maurice Sawadogo, ces données statistiques permettent aux projets tels que TAAT et Wordfish, avec le soutien de la BAD, de soutenir le développement et le professionnalisme de cette filière comme au Nigeria et en Egypte.
Conscient de ce que pour atteindre ce développement durable il faut passer par l’innovation, l’InterAqua doit organiser et structurer les coopératives pour en sortir des leaders, des champions nationaux dans l’aquaculture.
Satisfaction de participants
D’où cette formation interactive d’Agboville qui a permis aux acteurs de mieux s’outiller afin de bâtir une filière aquacole forte et durable, a fait savoir Mangué Jocelyn Wilfried, pisciculteur, producteur d’alevins et président d’une société coopérative piscicole à Agboville.
« Lorsque, tous autour d’une table, identifions nos problèmes, l’expérience professionnelle de chacun sera une innovation pour nous. C’est donc utile que nous créions cette plateforme, que nous l’utilisions et intégrions les personnes ressources afin que les problèmes soient solutionnés. Nous disons merci à InterAqua qui nous fait la grâce de nous organiser et nous former sur une plateforme d’innovation. Elle nous est bénéfique car ensemble, nous trouverons des solutions innovantes qui vont nous impacter », a indiqué le producteur
Yao Léontine, productrice d’alevins de Tilapia et de silure à Niablé, au nom des participants, a remercié les initiateurs de cette plateforme, qui vient en effet, favoriser un travail d’équipe, bénéfique pour toute la chaine de valeur aquacole.
« C’est une opportunité qu’ InterAqua a et le MIRAH nous offre à travers wordfish financé par la BAD, qui nous donne l’opportunité de participer à cette formation. Nous en sortirons bénéficiaires. Le plus important c’est la mise en place de la plateforme qui regroupera tous les acteurs de la chaine de valeur. Nous ne pouvons que dire merci, et nous espérons qu’au sortir de cette formation, nous puissions avoir un outil qui va nous donner des bénéficies au niveau de chaque secteur d’activité de la filière aquacole », a-t-elle souhaité.
Sandrine KOUADJO
(Envoyée spécial à Agboville
