184 projets aquacoles opérationnels, mobilisant 1,76 milliard de dirhams d’investissements et générant plusieurs milliers d’emplois, tel est le bilan positif de la filière aquacole marocaine au titre de l’année 2025. Au cours des prochaines années, plusieurs projets sont également en perspective afin de dynamiser davantage l’aquaculture au Royaume chérifien.
Le Conseil d’administration de l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA) a dressé le bilan des activités aquacoles menées en 2025, mettant en avant l’installation de 184 projets aquacoles autorisés. Ces projets représentent un investissement global de 1,76 milliard de dirhams et visent une production estimée à 75 507 tonnes, selon un communiqué officiel.
Ce bilan positif, pour une filière encore en phase de structuration, illustre le rôle croissant de l’aquaculture dans la stratégie marocaine de l’économie bleue durable. Au-delà de ces chiffres impressionnants, les résultats traduisent une dynamique réelle de création d’emplois, près de 2 361 emplois directs ont été générés, offrant des opportunités économiques concrètes, notamment dans les zones littorales où les jeunes diplômés et les entrepreneurs locaux rencontrent souvent des difficultés d’insertion professionnelle.
Cette filière en pleine construction s’annonce ainsi prometteuse. En effet, en plus des 184 projets déjà opérationnels, 62 autres sont actuellement en cours de développement. Ils devraient permettre une capacité additionnelle projetée de 14 590 tonnes, pour un investissement prévisionnel de 307 millions de dirhams et la création d’environ 520 emplois directs supplémentaires.
Aquaculture au Maroc, après un bilan positif en 2025, le Royaume dévoile ses projets aquacoles pour les années à venir
Malgré cette progression notable, les performances actuelles demeurent en deçà du potentiel national. Selon des estimations externes, notamment celles de la Banque mondiale et de médias spécialisés, la production aquacole du Maroc pourrait atteindre plusieurs centaines de milliers de tonnes par an, rapporte lematin.ma.
Conscient de ces potentialités, le Maroc a engagé plusieurs initiatives visant à renforcer davantage cette filière au cours des deux prochaines années. Pour 2026, le plan d’action s’articule autour de 35 projets, traduisant une volonté claire de positionner l’aquaculture comme un levier stratégique de croissance durable. Parmi les principales actions prévues figurent l’ouverture de nouvelles zones à l’investissement à travers des appels à manifestation d’intérêt, le renforcement des capacités et la professionnalisation des acteurs du secteur, la modernisation des systèmes d’élevage afin d’améliorer la productivité et de réduire les coûts, ainsi que le développement des compétences techniques et managériales, essentielles pour une industrie encore jeune.
Par ailleurs, un accent particulier sera mis sur l’amélioration de la qualité, de la traçabilité et de la compétitivité des produits aquacoles, afin de mieux répondre aux exigences des marchés national et international. L’ensemble de cette stratégie sera accompagné par un processus de modernisation et de digitalisation, visant notamment à réduire les irrégularités et à renforcer la transparence dans le secteur de l’aquaculture au Maroc.
Sandrine KOUADJO



