Pilotée par le ministère de l’Élevage et de la Pêche avec l’appui technique de la FAO et le financement du Royaume d’Espagne, cette initiative qui s’étendra sur la période 2025-2027, permettra à la région de Kayes de bénéficier de 393 millions de francs CFA pour dynamiser la filière Bétail – Viande.
Une richesse pastorale encore peu exploitée
Kayes figure parmi les régions disposant du plus grand cheptel du pays, avec plus de cinq millions de têtes : bovins, ovins, caprins, équins, asins et camelins. Malgré ce potentiel colossal, la filière bétail/viande reste freinée par de nombreux obstacles : infrastructures vétustes, accès limité aux marchés formels, pertes post-abattage et faible structuration des acteurs.
Lors du lancement, le ministre Youba Bah a alerté sur cette situation : « Le manque d’organisation et d’équipements adaptés empêche la filière d’atteindre son plein rendement. Il est temps d’agir pour valoriser notre cheptel et professionnaliser l’ensemble de la chaîne. »
Un plan structurant aux objectifs précis
Le projet ambitionne une refonte complète de la chaîne de valeur, articulée autour de cinq axes prioritaires :
Ce plan vise à rendre la filière plus compétitive, inclusive et résiliente face aux chocs économiques et environnementaux.
Un pilier économique renforcé par la coopération internationale
L’importance de l’élevage dans l’économie nationale a été rappelée par Abdoul Karim Bah, chef de bureau de la FAO au Mali : « L’élevage représente à lui seul 15 % du PIB national, après l’or et le coton. » Il a salué ce projet comme un levier de transformation pour les zones rurales, porteur d’emplois et de stabilité.
Malian fashion
Pour sa part, Antonio Monje Vargas, représentant de la coopération espagnole, a insisté sur la nécessité d’agir collectivement face à l’urgence climatique. Il a souligné que ce type de partenariat représente un modèle de coopération sud-nord axé sur les résultats concrets et l’autonomisation des communautés rurales.
Kayes, au cœur de la stratégie agro-pastorale nationale
Située à un carrefour géographique entre le Mali et plusieurs pays de la sous-région, Kayes dispose d’atouts logistiques majeurs pour devenir un hub sous-régional de commerce de bétail. Une opportunité que le gouverneur de région, Général de brigade Moussa Soumaré, ne veut pas laisser passer : « Ce projet arrive à point nommé. Il contribuera à renforcer la vocation agro-pastorale de Kayes, à moderniser les circuits et à créer de la valeur ajoutée locale. »
Des infrastructures modernes, une filière structurée, des marchés accessibles : tous les ingrédients semblent réunis pour que Kayes devienne une référence régionale dans l’élevage.
Le projet insufflera-t-il un nouveau souffle à l’économie pastorale malienne tout en renforçant la sécurité alimentaire et les exportations ? La transformation est en marche.
Sandrine Kouadjo et autre presse



