Très prisée au Bénin, la viande des ruminants est l’une des principales sources de protéines animales du pays. Cependant, plus de la moitié de ces besoins est couverte par les importations. Pour y remédier, le gouvernement a mis en place une nouvelle agence pour dynamiser la production locale.
L’Agence de Développement de l’Élevage des Ruminants (ADER) est la nouvelle institution approuvée mercredi 2 juillet 2025, en Conseil des ministres. Placée sous l’autorité du ministère de l’Agriculture, cette nouvelle entité publique, a pour mission, de coordonner et de structurer les interventions visant à stimuler la croissance des filières bovine, ovine et caprine. Elle est chargée d’optimiser l’utilisation des ressources et d’assurer une meilleure synergie entre les différents acteurs et projets de développement.
En mettant en place cette agence, le gouvernement béninois veut accroître significativement la productivité des élevages locaux pour soutenir la production de viande de ruminants, largement déficitaire. Selon les données officielles, la production nationale ne couvre actuellement que 49,3 % des besoins, malgré une progression constante ces dernières années. « Le déficit constaté résulte de plusieurs causes, dont la persistance de pratiques traditionnelles d’élevage, la dominance de géniteurs à faible performance, une alimentation inadaptée, mais aussi, et surtout, un besoin accru d’investissements », affichait le communiqué du Conseil des ministres.
Filière bétail Bénin, création d’une nouvelle agence pour dynamiser l’élevage des ruminants
En effet, la création de cette entité publique fait suite à la volonté des autorités qui souhaitent améliorer la couverture en protéines animales au niveau national et de faire de l’élevage des ruminants un levier de développement rural. Selon la Direction de la Statistique Agricole (DSA), la production moyenne de viande de ruminants s’est élevée à 55 658 tonnes par an entre 2019 et 2023, un niveau de production qui contraint le pays à importer en moyenne près de 58 000 tonnes par an pour satisfaire la demande.
En plus de soutenir les élevages locaux à travers les actions de l’ADER, le gouvernement devra aussi renforcer et moderniser les infrastructures de production de viande afin d’améliorer durablement la couverture nationale en protéines animales.
Sandrine KOUADJO



